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Hier je suis sortie dans la rue… en bas de chez moi… un souffle… une odeur… un rayon de lumière… Je me souviens. Me voici projetée dans une autre réalité. C’est l’éternel recommencement de la madeleine de Proust. Et lorsque la réalité qui surgit est une réalité contemplative qui nous permet d’échapper au spectre permanent des apparence, la vie alentour revêt un tout autre aspect.

L’expérience mystique se passe de mots. Elle se traduit difficilement avec les mots. Seules quelques métaphores peuvent sans doute donner une idée plus poétique que réelle de ce qui survient. Car cette réalité dépasse toute poésie. Elle transcende les frontières de ce monde pour réaliser le plein éclat de la lumière.

Ce fut dans le demi sommeil conscient d’une matinée paisible. Un tunnel… une traversée vertigineuse… puis la lumière. Lorsque la lumière se lève enfin de façon à la fois violente et spontanée, que l’amour irradie l’être de toute sa splendeur, l’âme, surprise, comme une épousée au premier jour, a le sentiment d’embrasser le savoir universel en un éclair. C’est comme une bibliothèque qui s’étendrait à l’infini et dont elle possédait déjà les germes et le contenu sans en être consciente. Au réveil, il reste l’Amour, une flamme d’Amour qui transcende tout et une indéfectible foi en l’existence et la beauté d’un principe supérieur d’essence divine.

Nous possédons tous cet éclair de connaissance qui dynamise nos pensées et se manifeste au travers de cet état de perception particulier qu’on nomme intuition. Il est simplement plus ou moins occulté, relégué au fond de nous, en fonction des conditions affectives et matérielles de notre vie terrestre.

Il ne faut plus penser avec des mots. Le jour où les hommes parviendront à englober la réalité sous forme d’évidences lumineuses, l’humanité aura réussi la révolution de l’esprit. Une fois affranchi des apparences et du souvenir, la puissance de l’esprit n’en est que plus grande. Alors tel un château de cartes, le monde des apparences s’évanouira et le spectre de la grande faucheuse ne sera plus pour tous qu’une ombre lointaine à jamais évanouie ; la sombre évanescence d’un autre temps, dans un monde qui en aura fini avec le temps.

 

 

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