Les cinq sens, ce sont les outils du corps physique pour découvrir le monde, s’y insérer et participer à la vie ici bas. Ce sont aussi les sens qui nous permettent d’exprimer l’amour, la souffrance, la douleur, le bien-être. Toutes les sensations, des plus basses aux plus élevées, des plus douces aux plus dures passent par les sens ; ainsi que l’apprentissage de la connaissance et l’initiation.

Mais comme l’homme dispose de la pensée pour comprendre et de l’âme pour aller plus loin, les sens sublimés nous apportent la perception du monde des idées ainsi que des mondes extra- sensoriels que nous percevons avec l’ensemble de nos corps : physique, psychique, ethérique, astral. L’utilisation des sens devient alors perception extra sensorielle. Au-delà de la mort, les sens se dissolvent et l’ensemble des sens réalisent alors l’œuvre alchimique, participant ainsi à l’accomplissement du grand œuvre.

L’ouïe

Entendre, c’est la faculté de percevoir des sons. Il peut s’agir des bruits de la nature, du son de la voix, ou de la musique. Les sons peuvent véhiculer un bruit désagréable, délivrer un message ou exprimer une harmonie.

Lorsqu’ils signalent un environnement ou un danger les sons s’adressent au corps physique. Les sons produits par la parole s’adressent à l’intellect. Les sons produits par la musique, la lecture de textes poétiques ou le théâtre s’adressent à la sphère émotionnelle.

Les harmonies vocales ou musicales produites par les rituels ou de subtiles œuvres musicales s’adressent à l’âme. Le son devient alors ambassadeur de la lumière. Sur le plan extra sensoriel, la perception sonore se manifeste par la claire audience ou de façon plus rare et plus subtile, par la perception de la musique des sphères.

La vue

La vue est le sens suprême. Du simple fait de voir à la double vue, en passant par la hauteur de vue et le point de vue, il y a tout une palette de niveaux de vue, des plus simples aux plus subtils. La vue permet aussi de discerner le beau et de se repérer dans l’univers physique.

Voir

La capacité de voir est une capacité physique liée aux yeux, organes de la vue. Voir c’est simplement recevoir de la lumière, des images, qui s’accumulent dans le cerveau et sont sujettes à interprétation. Sur le plan physique, voir permet de se repérer dans l’espace, d’éviter les obstacles, d’apprendre la structure de son environnement et de se forger des représentations physiques du monde.

Regarder

Regarder est une action volontaire de la faculté de voir. Regarder, c’est chercher à connaître et mettre en œuvre un processus intellectuel qui amène à recevoir des informations de son environnement physique et à les interpréter. Regarder, c’est voir ce qui est beau. Regarder c’est aussi apprendre à aimer. Le regard traduit la beauté de l’âme ou tout simplement sa nature. Ne dit-on pas des yeux qu’ils sont le miroir de l’âme ?

Discerner

Savoir discerner, c’est mettre en œuvre une vision analytique qui passe la vue au crible de l’analyse pour former une opinion ou constituer une connaissance. L’approche critique et analytique mène au discernement, qualité intellectuelle qui permet de se départir peu à peu de la confusion.

Percevoir

La perception est une façon de voir plus fine et plus perçante que la simple vue. Percevoir, c’est voir au travers. Percevoir c’est comprendre de façon intuitive ce qu’est l’autre, ses sentiments, son être profond. Percevoir c’est discerner ce qu’on appelle les signaux faibles, annonciateurs d’évènements à venir, inattendus ou imprévisibles. Percevoir, c’est aussi voir la lumière, les auras, regarder les
formes lumineuses se mouvoir. La perception est à la frontière entre la vue et la double vue.

Double-vue

Au-delà du miroir, la double vue est une perception de l’âme qui se matérialise par des idées, de la lumière ou des images. La double vue, c’est la perception directe d’un passé, d’un avenir ou d’un autre monde. Cet “autre monde” ce sont les mondes immatériels. Selon son niveau de subtilité ou la pureté de son âme, le “voyant” verra plus ou moins loin, discernera des réalités plus ou moins subtiles, plus ou moins éthérées.

Tous les mondes coexistent. Ils sont simplement en harmonie avec divers niveaux de vibration. Le corps physique vibre sur un niveau bas. C’est la raison pour laquelle il est matérialisé. Celui qui arrive à augmenter le niveau de vibration de son âme arrivera à percevoir d’autres réalités qui coexistent avec notre monde sur des plans différents. Celui qui baissera excessivement le niveau de vibration de son âme percevra des mondes plus matériels, voire terribles ou terrifiants.

L’un des buts des chemins de sagesse est d’arriver à un équilibre vibratoire qui, au travers de la recherche d’un équilibre émotionnel, permet d’éviter de se retrouver alternativement et selon l’humeur, à des niveaux de vibration très éloignés les uns des autres.

2.6 lire

Lire, c’est apprendre et découvrir la connaissance accumulée par nos contemporains aussi bien que par la multitude d’auteurs qui nous ont précédés. La lecture est structurante; elle concourt à la structuration et à l’affermissement de la logique ainsi qu’au développement de l’imagination. La lecture, c’est aussi la confrontation de deux points de vue : celui de l’auteur et celui du lecteur, la rencontre de deux âmes.  Lire fait avancer sur le chemin de la connaissance.

Toucher

Palper

Palper est le fait de toucher volontairement. Ce toucher peut produire une sensation agréable ou désagréable. Il en va de même pour le toucher involontaire. Palper c’est aussi reconnaître. Le toucher est la vue des aveugles. Toucher c’est aussi s’autoriser à évoluer dans le monde physique dans lequel nous sommes. Celui qui ne sentirait rien se mettrait en danger et serait contraint de rester au lit pour ne pas mourir. Le toucher est un sens de découverte et de sauvegarde.

On peut être privé de vue, d’audition, malgré leur extrême importance, mais pas de toucher. Ne pas toucher ni sentir, c’est être voué à une mort certaine ou à une non connaissance du monde. Les sensations agréables développent le psychisme. Les sensations désagréables peuvent provoquer des blocages. Par la négative, le toucher c’est aussi dans le mauvais cas, la violence qui aboutit à une souffrance physique. Par la positive, c’est une sensation de bien- être qui développe l’esprit et stimule la vie.

Au rang des sensations positives il y a : la relaxation (autorelaxation volontaire, massages, environnement relaxant), le sport quand il est agréable, les promenades, les déambulations, la marche, les caresses de l’amour, l’extase de l’orgasme, la douceur du partage.

Sentir

Sentir, c’est ressentir ce que l’on touche. Au rang de ce qui est ressenti, on trouve le froid, le chaud, l’humide, le sec, le doux, le rude. Les sensations véhiculent le plaisir aussi bien que la douleur. Elles sont l’aliment subtil de notre corps physique et aident l’être à se forger des repères, des jalons dans le monde et franchir les étapes de la vie… les étapes initiatiques aussi.

Toucher sans contact

Magnétisme et toucher de lumière

Il y a deux sortes de magnétismes (ou plutôt deux sortes de canaux) : le magnétisme physique (terrien qui agit sur le corps astral) et le magnétisme spirituel qui est l’attractivité de l’âme. L’un et l’autre correspondent à des niveaux différents d’évolution ou plutôt de vibration. On peut utiliser l’un et l’autre pour soigner selon les besoins et selon la façon dont on en est pourvu.

Le magnétisme physique est celui du corps astral. Il permet de soigner par la transmission d’énergie vitale. Le magnétisme spirituel est le toucher de lumière. La double vue permet de discerner des zones de lumière sur le corps qu’on souhaite soulager ou soigner. Demander l’aide des guides spirituels permet de transformer son corps en canal. Ce n’est pas moi qui soigne, ce sont eux qui soignent à travers moi. Mais il faut aussi se protéger, pour ne pas attraper le mal de celui qu’on soigne. Et ne jamais oublier de remercier, quand l’aide apportée a abouti.

Il ne s’agit pas seulement de soigner. La lumière c’est aussi un jeu. Elle circule, elle bouge : elle est drôle. Il y a des rais de lumière qui traversent les corps dans tous les sens, et qu’on entend parfois ! Ca fait comme les moteurs des petites voitures qui passent devant soi sur un circuit électrique : ziouup… ziouup !

Recevoir des fluides et de la lumière

Nous recevons des fluides constamment dans l’interaction avec les mondes visibles et invisibles. Ce sont des fluides magnétiques ou des fluides de lumière. Nous émettons aussi des formes pensées. Tout cela circule. Ces formes se sentent ou se voient. Parfois elles ne se voient pas du tout, mais elles sont quand même là. La perception extra sensorielle dépend de l’humeur, des sens aussi. Si on a mal quelque part on sent moins bien les interactions invisibles et magnétiques. Si on se sent déprimé, fatigué ou triste, la vibration tombe et il est difficile de s’élever hors du monde physique. Parfois il y a aussi de longues périodes où on ne sent rien, où on a l’impression de ne pas évoluer. Les évolutions sont en réalité en gestation.

Souffrir

Il y a divers niveaux de souffrance. La souffrance physique est le signe d’un dysfonctionnement du corps… la souffrance morale celui d’une blessure de la vie ou d’une blessure karmique. La souffrance spirituelle est l’éternelle blessure quasiment insoutenable de l’âme qui a vu dieu et se sait séparée des mondes de lumière le temps de l’incarnation.

La souffrance physique peut être due aux maladies, à un choc ou une violence subie. Il existe plusieurs façons de la soulager ou de la faire disparaître, par la médecine classique, les médecines douces, les massages ou le toucher de lumière. La souffrance morale est soulagée par l’écoute, l’amour, la fraternité et le travail sur soi. La souffrance spirituelle s’amenuise grâce à un travail sur la patience, le chemin et la recherche de la sagesse. Les voies sont nombreuses et passent souvent par un chemin initiatique. Cette souffrance est compensée par la joie de vivre et l’amour donné à dieu et à ses frères humains ; par l’amour reçu aussi. Celui qui vit dans l’amour et la joie finit par réaliser que la séparation des mondes n’est qu’une question de frontière. Au-delà de l’existence il n’y a que lumière.

Nous existons sans exister, nous vivons séparés du tout sans l’être réellement, notre existence est à la fois illusion et nécessité. Nécessité du retour à l’infini et de l’accomplissement du grand œuvre. En cela elle est effective et réelle et aussi à prendre très au sérieux.

Au-delà de la souffrance

Au delà de la souffrance, le corps peut sombrer dans l’inconscience et déconnecter le conscient pour cesser de sentir la douleur. La nature est bien faite et lorsqu’on se fait très mal, une poussée d’adrénaline permet d’éviter de ressentir de façon trop dure, une douleur violente.

La souffrance en tant que symbole

Par son aspect marquant, la souffrance peut aussi avoir valeur de symbole. L’un des symboles de souffrance les plus récurrents dans les civilisations est celui du martyr. L’être ou le peuple qui a été injustement torturé ou sacrifié devient martyr. Il peut devenir le symbole d’une lutte, d’une cause défendue de façon plus ou moins juste, ou encore d’un chemin spirituel ou religieux. Il peut avoir valeur d’exemple qui perpétue la violence dans une logique infernale de reproduction des modèles. Il peut aussi donner un coup d’arrêt à la violence, être le jalon marquant d’une ère nouvelle de paix et de partage.  La symbolique christique est fondée en partie sur la souffrance générée par son calvaire. Il s’agit dans ce cas d’une souffrance expiatoire, d’un feu divin qui brûle sans consumer, épure les zones
d’ombre et les blessures des karmas individuels et collectifs.

Au-delà du symbole de martyr, sur le plan initiatique, la souffrance peut être vue comme un jalon, un passage. Elle précède alors une renaissance et ouvre un chemin tout en conférant une identité au sein d’une fraternité : souffrance de la perte des sens, souffrance de la brûlure et de la blessure physique. La souffrance initiatique a valeur d’enseignement.

Il y a aussi pèle mêle les rites de bizutage ou d’admission au sein d’un clan qui ne sont pas des rites initiatiques mais des rites barbares. Et enfin la plus belle des souffrances, qui est celle que la femme ressent lorsqu’elle donne la vie ! Elle est intense, mais donner la vie, c’est aller au-delà de notre propre vie, la sublimer en quelque sorte, pour le bien et l’amour d’un autre être, un minuscule enfant qui
nécessite amour et protection pour être élevé et guidé dans la vie.

Le goût

Le goût est la faculté de percevoir la nature des aliments. Le nourrisson reconnaît sa mère grâce au goût de son lait, au son de sa voix et à son odeur. Le goût c’est le plaisir de l’alimentation, c’est aussi la gourmandise ou la curiosité de découvrir de nouveaux goûts au travers de l’art culinaire et la gastronomie. Sur le plan intellectuel, le goût est l’attirance pour formes artistiques ou littéraires correspondant à nos attentes. Sur le plan spirituel, le goût est une attirance pour certains êtres situés dans notre champ vibratoire ou partageant avec nous une attirance d’ordre karmique.

L’odorat

L’odorat est la faculté de percevoir les odeurs. Les odeurs véhiculent le plaisir dans le cas des bonnes odeurs, le dégoût, dans le cas des mauvaises odeurs, pouvant aller jusqu’à rendre malade. Les odeurs peuvent aussi signaler un danger (feu, gaz toxique).

L’odorat est lié au goût. Il déclenche la faim. Les odeurs du corps peuvent être source de plaisir, de dégoût ou signaler un dysfonctionnement. Elles sont liées à la vie et aux cycles du corps humain.
Les parfums sont source de plaisir. Ils peuvent aussi purifier l’atmosphère. Atmosphère physique dans le cas des produits nettoyants, ou élever le niveau vibratoire d’un lieu comme c’est le cas pour l’encens. L’odorat, c’est aussi l’odorat extra sensoriel. Le monde invisible ne produit pas que des manifestations visibles ou auditives : il produit aussi des parfums qui sont un baume pour l’âme qui en perçoit la douceur.

Ces sens oubliés…

Lorsqu’on parle des cinq sens, on oublie ces organes qui produisent de la vie ou du sens. Alors pourquoi se limiter à cinq sens ? Est-il bien raisonnable de tronçonner le vivant ? Nous avons donc choisi pour cette raison d’évoquer les sens oubliés, qui, alliés aux cinq sens, forment un ensemble qui permet à l’homme d’évoluer harmonieusement dans son environnement d’apporter sa pierre à l’harmonie du monde.

La parole

La parole est l’instrument privilégié – mais pas unique – de la communication entre les hommes. Elle est l’expression de la vie, des besoins, de la culture, d’une pensée structurée. Au travers du lien du langage elle est le pendant logique de la lecture et de l’écriture et se perçoit grâce à l’ouïe, les vibrations qu’elle produit et visuellement, par l’observation du mouvement des lèvres. La parole sert de support aux rituels. Elle véhicule des énergies d’apaisement et d’union.Sur le plan initiatique, la parole, c’est aussi ce lien primordial qui manifeste la nature divine de l’âme et se trouve également à la source de son incarnation.

Le mouvement

Le mouvement est l’action volontaire des membres qui permet de se mouvoir dans son environnement. La mobilité est ce qui permet à l’être humain de vivre en subvenant à ses besoins : de travailler, de se déplacer, de découvrir le monde. Le mouvement c’est aussi l’harmonie des corps qui s’enlacent, l’expression artistique de la danse, la manifestation de vitalité de l’entraînement sportif, la beauté du mouvement de la vie, les déambulations qui déterminent un espace sacré.

Le souffle

Le souffle est le résultat d’une action volontaire. Il permet de respirer, de s’oxygéner de se détendre. En un mot il est le fondement même de la vie. Souffle et méditation : les bouddhistes tibétains pratiquent la respiration méditative. Sogyal Rinpoche explique dans le Livre Tibétain de la vie et de la mort, que lors d’une méditation il faut consacrer vingt-cinq pour cent de son attention à la respiration : pour faire circuler harmonieusement les énergies d’une part et éviter de se concentrer sur son ego, d’autre part.

Souffler pour soigner : qui n’a pas entendu un parent dire à son enfant : “tu t’es fait mal ? souffle dessus, ça ira mieux”. Au-delà de cette vérité très simple, le souffle fait pénétrer la lumière dans le corps qui souffre, repoussant ainsi le mal et la douleur. Il permet ainsi de repousser les zones d’ombres et de faire circuler les fluides pour remplacer l’ombre par la lumière.

La perception extra-sensorielle

La perception des mondes invisibles peut se faire par contact direct avec des êtres désincarnés. Les sens deviennent alors des extra-sens ou sens sublimés. Il devient alors possible de voir des êtres de lumière mais aussi de les entendre et de communiquer avec eux par la pensée.

Mais la perception extra sensorielle ne se limite pas à la vision ou à l’audition des êtres désincarnés. Elle concerne aussi l’intuition, le contact volontaire ou non avec la lumière divine, la transmission de connaissance par la pensée et la prière.

L’intuition

Nous possédons tous cet éclair de connaissance qui dynamise nos pensées et se manifeste au travers de cet état de perception particulier qu’on nomme intuition. Il est simplement plus ou moins occulté, relégué au fond de nous, en fonction des conditions affectives et matérielles de notre vie terrestre.

L’intuition concerne la perception extra sensorielle ou la transmission de connaissances de la part des entités du monde désincarné. Lorsqu’il s’agit de connaissance directe, les connaissances transmises sont en relation avec le karma de chacun, c’est-à- dire qu’on ne reçoit  finalement que les connaissances qui correspondent à ce que celui-ci est en mesure d’appréhender.Ces bribes de connaissance “céleste” sont parfois transmises de façon directe au travers d’intuitions que je qualifierai de “fulgurantes”, souvent dans des états de demi- sommeil conscient ou alors dans des moments où la personne se trouve dans des états d’absolue nécessité de prière. Il s’agit de quelque chose d’impérieux qui s’impose à elle par moments, sans qu’elle puisse s’y soustraire. Ces bribes de connaissance concernent la symbolique ou bien des données concernant la création. Dans ces cas là, il suffit de se formule explicitement en état de semi- conscient, ce qui ‘a été transmis. On en oublie une grande partie mais il en demeure la substantifique moëlle. Il faut se formuler ce qu’il en reste explicitement plusieurs fois, tentant d’établir des liens logiques et mnémotechniques entre les éléments pour les protéger de l’oubli. Ensuite, les écrire.

Infusion de lumière divine

La vie du mystique est une incessante prière à  la gloire de l’amour divin, de cette puissance céleste qui nous amène à transcender les limites du monde matériel pour s’épanouir dans la nature profonde de l’esprit. Evoluant sur un fil d’Ariane entre ciel et terre, tiraillée entre ses aspirations verticales et son incontournable condition humaine, en état d’incarnation, son âme s’épanouit à la croisée des
chemins entre esprit et matière, à la frontière de l’éveil des sens et de la transcendance.

La vie est un diamant de lumière translucide aux facettes multicolores. L’amour donné sans compter finit par élever l’âme au point de lui rendre sa nature divine, de lui restituer son essence originelle qui est diamant de lumière céleste. Lorsque la communion est communion d’amour entre les êtres, incarnés ou non, le parallèle est soudainement vertical. Il devient infusion de lumière divine.

La prière

Ce qu’est l’acte de prière : un échange de pureté, la compénétration de deux absolus, la rencontre de deux âmes… Dès lors que le savoir vient du cœur et ne peut être atteint par la raison, cela signifie qu’il correspond à une connaissance intime de l’existence de Dieu.

Cette interpénétration, cet échange de pureté, le besoin total et absolu de se sentir pénétré du flot de l’esprit sans limites temporelles ni physiques, à chaque instant de la vie, fait partie intégrante de la voie mystique ou voie cardiaque. Il s’agit d’exister en la création et de la laisser exister en soi. Pour toucher à l’essentiel… Toucher à l’essentiel… Est-ce là le sens de la prière ? Simplement permettre à l’être d’être, d’exister en Dieu et à travers Dieu… par lui, avec lui et en lui… en lui et à travers lui…

Quand les sens s’éteignent

L’extinction des sens ou leur inaction peut concerner la période de vie. Les sens s’endorment chaque nuit durant le sommeil. Ils peuvent aussi se mettre en sommeil pendant une maladie ou disparaître partiellement ou totalement dans les cas de handicap ou les états de coma. L’extinction des sens concerne aussi bien évidemment la fin de la vie.

Le handicap

Etre privé de ses cinq sens, c’est être presque mort, c’est en fait pire que la mort puisqu’on est prisonnier de ce corps physique. Mais est-on réellement prisonnier ? L’âme de l’être privé de ses sens s’échappe-t-elle régulièrement pour se ressourcer ? Est-ce parfois une préparation à une mort difficile car non acceptée, ou bien une espèce d’enfermement dont certains ne sont délivrés que par la mort
effective ? Tout dépend sans doute du karma et de l’évolution spirituelle de chaque être – en bref de son histoire personnelle, son chemin de vie, dans la vie et au- delà de la vie.

La mort : l’alchimie de l’après vie

L’accomplissement de l’œuvre au noir

Le pourrissement du corps, c’est cela qui m’a toujours fait peur. Pour cette raison je n’ai jamais aimé le rapport à la terre. C’est moche et ça sent mauvais. Jusqu’au jour où j’ai découvert la terre dans laquelle mon corps souhaite être enterré. Ce n’est pas moi qui ai parlé, c’est lui et c’est là qu’il souhaite reposer. Il y sera bien et mon âme n’en sera que plus libre. Il faut bien participer au cycle de la
vie… ! Une autre solution est aussi la destruction du corps par le feu. C’est ce que je souhaite, la crémation, si mon corps ne peut rejoindre cette terre, sa terre !

Pour les bouddhistes, cette phase là est aussi celle de la dissolution des sens. Il est important que cette phase soit bien accomplie, car si elle s’accomplit mal ou partiellement, l’âme peut rester liée à son corps physique. Elle n’est plus incarnée mais ne peut pas non plus monter et se perd près de la terre ou dans une espèce d’entre deux mondes fort désagréable. Soumise à ses passions, elle devient le jeu du karma et la proie de réincarnations très incertaines. Ne pas savoir accomplir l’œuvre au noir, c’est choisir la souffrance et la roue du destin. C’est pourquoi il est important d’aider par la prière ceux qui sont partis.

La fusion

La fusion avec le principe divin, l’ange solaire : c’est l’œuvre au rouge. Les sens psychiques se dissolvent dans un feu rédempteur qui consume le karma, l’ego et les passions. L’être fusionné dans le feu céleste s’élève spirituellement jusqu’à atteindre la lumière blanche. La fusion avec le principe divin peut se faire pendant ou après la vie avec un être angélique plus pur que l’âme qui s’élève. L’âme reste
alors individualisée mais cultive un lien direct, fil rouge de la Connaissance. L’être a alors subi une évolution par le “feu divin”.

La fusion peut aussi avoir lieu avec un jumeau spirituel ou complément spirituel divin. Tels les pièces complémentaires d’un puzzle, les jumeaux ayant atteint un stade suffisant de purification pour se retrouver fusionnent en un seul être. L’être fusionné devient alors un, être angélique ou entité de lumière, candidate ou non à la réincarnation. La puissance symbolique des deux entités fusionnées est alors transcendée et démultipliée.  L’évolution est fulgurante, lumineuse. Les âmes ainsi réunies sont lavées de leur ego et concourent activement à l’évolution spirituelle de l’humanité, soit de l’extérieur, soit de l’intérieur.

La lumière blanche

C’est le principe divin, principe d’Amour et de Connaissance universels. Il contient en lui toutes les nuances ainsi que tous les opposés, tous les principes ainsi que le feu. En intension, la lumière blanche est le germe universel ou point central. En extension, elle est la réalisation du principe universel à l’état pur. Cultiver en soi ce germe de lumière blanche revient à faire flamboyer l’étoile, jusqu’à ce qu’elle rejoigne la galaxie universelle de l’être, la béatitude infinie, l’accomplissement du grand œuvre.

Dans la lumière blanche, il y a l’Amour et la Connaissance universels. De mon expérience (on ne se souvient pas de tout) je me souviens d’une bibliothèque qui s’étendait à l’infini et à travers laquelle on pouvait voir tout le savoir de l’humanité et de l’univers. Tout ce qui avait été écrit, le sera ou ne le sera jamais était là… l’origine et le cheminement de l’univers.  Le savoir était à la fois en germe et en extension. C’est exactement comme si les connaissances que nous possédons, quelle que soit leur étendue, ou encore les connaissances et découvertes de l’homme depuis la nuit des temps, n’étaient que des “connaissances manifestées” qui seraient le reflet de quelques facettes seulement d’un noyau de connaissance universelle, capable de générer à l’infini d’autres connaissances et sous de multiples
formes.

D’après ce qu’on dit de l’Akasha, il ne s’agissait pas de cela. L’Akasha serait la mémoire de l’histoire du monde. Là il ne s’agissait de mémoire mais d’inclusion universelle de tout ce qui existe ou peut exister en potentiel, en réalité ou en devenir. Cependant, ce noyau de toute Connaissance est-il la nature même de l’Akasha, ou bien l’Akasha n’est-il que l’une des innombrables manifestation de ce noyau créateur de toute connaissance en potentiel (c’est à dire passée comme future, ou encore, incréée) ? Ou encore ce noyau de toute

Connaissance correspond-il à ce que les bouddhistes nomment l’Omniscience, qui serait différente de l’Akasha ? Lorsqu’on revient, on a oublié 99,999 % de ce qu’on a vu. L’évoquer est une douleur, une blessure terrible de l’être. Mais ce vécu conscient est aussi une chance pour l’âme, même si elle se languit de sa patrie. Ce qui est étonnant, c’est que la personne au réveil ne ressent plus aucune frustration de ce qu’elle a voulu faire et n’a jamais pu faire dans la vie : la vérité est ailleurs, l’âme du reste, contient ces accomplissements souhaités en germe et tout cela devient terriblement secondaire. On sait qu’on doit suivre un chemin (un seul ou quelques uns pour ne pas disperser ses forces) et on le suit. Entrer dans une voie de sagesse permet de ne plus souffrir, de cultiver la patience et de dérouler le parchemin lettre après lettre, mot après mot pour retrouver la pierre cachée, l’essence du sens. La prière permet de retrouver le fil, de ne jamais couper le cordon. La foi est un moteur, guide essentiel de l’Amour, qui mène à la Connaissance. On n’est jamais seul et c’est par le partage que l’élévation devient grâce, authentique canal de lumière qui fait le lien entre le Ciel et la terre.

Par ailleurs le lien entre Amour et Connaissance me semble incontournable. Il me semble que l’Amour peut se présenter seul, comme un préalable (déjà inestimable) à l’ensemble qu’il forme avec la Connaissance. Mais le noyau de toute Connaissance ne peut apparaitre sans avoir été précédé de l’Amour qui donne à l’appréhension de la Connaissance universelle, la distance nécessaire et le détachement des pulsions égotiques grâce à la Compassion et l’amour de son prochain, comme de toute forme de vie. Lorsqu’on a vu d’abord l’Amour il transcende tout. L’âme ne cherche pas alors à s’approprier la Connaissance comme un but unique ou la recherche d’un pouvoir temporel. Elle ne concourt pas non plus au développement de son ego.

L’avenir de l’homme

Il faut cesser d’être en marge d’une spiritualité qu’on ne nous a pas enseignée, mais que chaque être qui est prédisposé, en Occident, découvre par tâtonnements, ou grâce à une démarche qui passe souvent par l’initiation. L’heure n’est plus aux tâtonnements. Elle est à l’union, à une union internationale qui seule pourra inverser la tendance et éviter à ce monde de courir à la catastrophe. Même si les
liens se font de façon subtile il faut des liens forts ici bas, sur terre, et qui, de simples tendances dispersées, feront une vague, un mouvement, une chaîne de fraternité entre les hommes. Il n’y a pas d’autre solution. Et pour cela il faut que chaque être en ayant les capacités accepte de développer sa conscience et de concourir clairement et en toute liberté à soigner notre terre, malade de toutes sortes
d’égoïsmes et d’avidités. Mais pour cela il faut cesser de se voiler les yeux et de croire que nous sommes là pour ne rien faire ou pour simplement mener notre vie, ce qui revient au même.

Trop de forces de destruction sont en action. Nous n’avons jamais disposé d’une telle capacité à détruire notre monde et la mondialisation des échanges démultiplie les risques de destruction d’une humanité disloquée. L’avenir de l’humain passe par le développement harmonieux de ses sens et de ses facultés extra- sensorielles pour l’édification d’un monde meilleur, dans la fraternité et dans l’amour. Les êtres conscients doivent aujourd’hui s’unir. L’union des forces de vie est le seul choix possible.

C’est aujourd’hui un chemin incontournable si nous voulons que cette terre demeure.