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Le sacré

Couv ok pPar Gérard CASTAGNE – Extrait de son beau livre Méditations maçonniques   

Trouvez ici tous les articles sur le sacré de spiritualites.fr

Nous fonctionnons par résonnances et affinités. Ainsi, la thématique du sacré a ouvert pour moi un champ de réflexion et de résonnances qui pourrait constituer une sorte d’introduction à une étude plus approfondie du thème.
Elle vise, pour l’essentiel, à appréhender et circonscrire la notion de sacré, en soi, et par opposition à celle de profane ; à en saisir l’essence plutôt qu’en recenser les manifestations, à en explorer le périmètre sémantique – de sa définition à son dépassement – et à en définir le temps, les lieux, la fonction et le sens.
Le Sacré
« Nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte du Temple ». Cette phrase du rituel d’ouverture de nos travaux de loges, atteste, de façon symbolique, du caractère sacré de nos tenues ; elles transfigurent le lieu, modifient le temps et tendent vers l’égrégore.
La notion de sacré se définit communément par opposition à celle de profane, et réciproquement. Ce qui conduit chacune d’entre elles à se définir par ce qu’elle n’est pas. Pour autant, si la réalité de l’une sous-entend l’existence de l’autre, il importe d’aller au-delà de cette dualité première, afin d’appréhender le sacré pour ce qu’il est, au travers des initiations successives qui en autorisent l’accès. En tout état de cause, la notion de sacré renvoie à celles de séparation et d’interdit. Ainsi, du Temple, en tant qu’espace séparé du monde, et de la Loi, qui fixe les limites de sa transgression.
Au sens premier du terme, le sacré exprime et défini la relation de l’homme avec le divin. C’est, dans cette perspective, notamment, que la démarche monastique prend son sens et sa dimension spirituelle ; d’assurer ce lien et de le faire perdurer. A l’opposé, la sacralisation de l’idéologie nazie, nourri de mythologie raciale, va permettre la création d’un univers mental, absurde et manichéen, visant à l’élimination du peuple élu, aux fins de s’y substituer ; c’est là le sens des lois sacrales de Nuremberg qui fondent l’Holocauste.
Dans les langues sémitiques ou indo-européennes, le sacré est désigné par les termes de : « qadosh » en hébreu, « hieros » en grec et « sacer » en latin, qui déterminent deux possibilités de sens : d’une part, la manifestation du divin en soi, à travers des signes surnaturels réservés aux seuls dieux (les hiérophanies ou le sacré institué par la divinité), d’autre part, l’institution humaine de lieux ou d’objets sacrés, par un acte de séparation (le sacré, séparé du profane par l’homme). La présence de signes surnaturels ou d’un acte de séparation impliquant une médiation, le sacré est toujours une représentation symbolique du religieux (au sens étymologique du terme) ou du divin. Ce caractère symbolique constitue l’essence du sacré, mais aussi sa profonde ambivalence.
Il faut noter par ailleurs, que le droit romain archaïque déclarait « sacer » le hors-la-loi dont les biens étaient confisqués, et dont l’intégrité physique n’était plus garantie ; chacun pouvant le tuer impunément. Paradoxe sémantique qui fait nommer le proscrit par un terme qui désigne ordinairement le sacré, et atteste de son ambiguïté structurelle.
Ainsi, au-delà de sa définition, la notion de sacré recouvre un large champ sémantique qui intègre et déborde le religieux, et dans lequel alternent la ferveur et la crainte, la soumission et la peur, la fascination et l’effroi.
Pour les adeptes de la Kabbale le mot est symbole et doit être interprété suivant quatre niveaux de lecture pour accéder à l’enseignement de la sagesse. Par analogie, les mots du langage ont des sens différents suivant les plans où ils se situent. Ainsi, du sacré qui, au sens commun, évoque le respect de l’autre ou le droit à la vie, exprime le transcendant, lorsqu’il accède au divin. De même, s’agissant de la foi ; croyance, au sens commun, révélation, au sens religieux, rencontre, au sens spirituel.
Pour autant, le langage des mots est structurellement dialectique, ce qui en fixe simultanément la capacité d’expression et la limite. D’où, l’importance du symbole dans l’approche du sacré, et de celle de l’art en général – de la musique en particulier – dans ses représentations. En effet, par leur essence symbolique et leur finalité médiatrice, ceux-ci en permettent une compréhension intuitive et immédiate.
S’il atteste du divin, le sacré se rapporte à la condition humaine dans ce qu’elle a d’inévitable et de coercitif, d’aléatoire et d’imprévisible. A l’origine, le sacré se fonde sur l’ignorance et la peur ; il vise à donner un sens au monde, une explication à ses phénomènes, une cohérence à son organisation. L’homme a peur de ce qu’il ne connait pas, de ce qu’il ne peut maîtriser. La nature qui l’entoure, et dont il participe, tout à la fois le menace et le nourrit, le rassure et l’effraie.
Ainsi, au plan anthropologique, le sacré s’apparente à la superstition, dont les rites, constitués pour l’essentiel, d’astreintes et de tabous, d’obligations et d’interdits, tendent à protéger l’espèce naissante des forces de la nature, d’en domestiquer les manifestations et d’en apprivoiser les mystères. Tout en lui conciliant la nature, la définition du sacré lui permet de surmonter la mort, d’éviter sa contagion et d’en circonscrire le champ ; d’où la permanence et l’universalité des rites funéraires.
En définissant comme sacré ce qu’il subit sans pouvoir ni l’empêcher, ni le comprendre, l’homme primitif exprime sa volonté de maîtriser ce qui lui échappe, de lui donner sens, de prendre possession du monde, de participer à son organisation. L’institution du sacré, c’est l’affirmation d’un ordre du monde connu, sinon maîtrisé, nommé et, par-là, circonscrit ; c’est, pour l’homme, la garantie de ne pas être jeté dans un espace incohérent et un temps illimité ; c’est, en ce sens, l’expression ultime et désespérée de sa nécessaire liberté.
Pour autant, lorsque le champ de la connaissance s’élargit, celui du sacré se retreint. L’homme s’affranchi peu à peu de ses superstitions, à mesure que se développe sa compréhension du monde. A travers la science, l’organisation du monde appartient désormais au profane ; seul, le sens nous échappe encore. Ainsi, le sacré prend racine dans les ténèbres de l’ignorance et, dans notre cheminement initiatique, nous conduit aux portes de la transcendance.
Du « templum » romain qui signifiait le secteur de ciel que l’augure délimitait avec son bâton, au « naus » dorien, qui signifie vaisseau ou nef et renvoie au chœur des cathédrales chrétiennes et au creuset des alchimistes, du « temenos » grec qui signifiait l’endroit réservé aux Dieux, au Temple de Jérusalem qui atteste de la présence réelle de la divinité, le Temple, en devenant maçonnique, symbolise le chemin de l’occident à l’orient, des ténèbres de l’esprit à la connaissance, de l’ombre à la lumière, et confirme sa vocation à la transcendance. Le Temple est le lieu symbolique de passage entre deux mondes : entre la terre et le ciel, entre l’humain et le divin, entre le profane et le sacré, entre le temps et l’éternité ; d’où, sa forme octogonale parfois.
Au-delà des mythes sur lesquels il se fonde, des dogmes sur lesquels il s’appui et des rites dans lesquels il s’incarne, la fonction du sacré est de tisser des liens entre les individus et de structurer les sociétés humaines ; de regrouper les membres d’une communauté autour d’une reconnaissance commune du sacré.

La suite du texte, dans le livre

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Le Vaudou Haïtien : rites et initiation en Haïti

Joseph Scriffignano, nous raconte comment il a été initié au Vaudou Haïtien. Il nous donne le détail de son parcours de simple initié devenu Hougan et initiateur Vaudou, reconnu par ses Frères Haïtiens. Un témoignage simple, d’une grande sincérité et dépourvu de faux semblants. Un parcours étonnant.

L’interview a été réalisée par Marianne Blancherie.

Haïti c’est un peu comme un rêve. Dans le rêve on me disait d’aller en Haïti.

Moi j’étais attiré par Haïti et je suis allé en Haïti. Et j’ai réalisé cette initiation au premier degré en Haïti. Mais je ne peux pas révéler les secrets de l’initiation parce que tout se passe dans un Djévor, ou chambre d’initiation. Donc on rentre les postulants dans le Djévor, qui y vont pour mourir et pour ressusciter.

Vaudou HaitienPendant l’initiation on se pose énormément de questions, puisqu’on ne sait pas exactement ce qu’on est venu faire là, mais il y a des choses qui se passent… il ne faut pas trop révéler non plus. Au premier degré il y a les esprits qui viennent dans la transe.  Mais à la sortie, je me suis dit : « ils sont forts au point de vue cinéma… Ah oui ils sont forts. Très forts ! Ils savent très bien imiter » !

Et quand l’initié doit se mettre à genoux, moi, j’étais borné. Il fallait que  j’aille voir ces esprits de plus près. Et tout le monde me disait « ne t’approches surtout pas » !  Je me suis dit « il faut quand même que je voie si c’est du cinéma ou si c’est vrai ». Finalement je me suis dit  « C’est du cinéma ». Pour moi, c’était du cinéma.

Bref je suis rentré en France, et quelques mois plus tard, je suis allé passer le deuxième degré. Là par contre il s’est passé quelque chose d’extraordinaire : au deuxième degré, c’est moi qui suis entré en transe. Quand je me suis réveillé, je ne savais pas où j’étais. Je ne me souvenais de rien. Là où j’ai vraiment dû y croire, c’est quand j’étais chez moi tout seul, devant mon petit temple, et que je suis rentré en transe tout seul. Là il n’y avait pas de tam tam. Il n’y avait pas de nourriture. Il n’y avait pas d’alcool. J’étais à jeun. Et je suis entré en transe tout seul. Croyez moi ou pas, j’ai eu la peur de ma vie. Je me suis dit « Oh, oh… Qu’est ce qui m’arrive vraiment là » ? Parce que là je ne pouvais pas prétexter que c’était de la tricherie. Je ne pouvais pas dire qu’on m’avait drogué… je ne pouvais rien dire.

Sinon, un an après, j’ai été attiré pour passer ce qu’on appelle le troisième degré, c’est à dire pour devenir Hougan. Et je pose la question à une personne… à une prêtresse là-bas. Et elle me dit « Mais tu sais, tu es déjà Hougan, quelque part… parce que les esprits t’ont accepté, encore plus vite que les autres ».

Je suis donc allé dans ce qu’on appelle la forêt sacrée, pour le troisième degré… parce qu’il y a le petit bois et le grand bois. Or le troisième degré se fait dans le grand bois. J’ai donc passé ce troisième degré. Et c’est incroyable ce que ma vie a pu changer à la suite de ce genre d’initiation. Je pense que les choses ont changé à partir de là. C’était encore plus facile dans la vie que quand je  n’étais pas initié. Les choses venaient d’elles-mêmes. Par exemple je devais partir en Haïti amener des personnes se faire initier au Vaudou là-bas. Je devais partir… Souvent d’ailleurs je partais trois fois par an, puisqu’il y a la cérémonie des morts, les guédés. Ce sont des cérémonies qui durent presque tout une semaine, pendant la fête des morts ; J’y allais aussi pour la Saint Jean et pour la fête de Dantor (la vierge noire) ou Freda (la Sainte Vierge). Au départ je partais comme ça, pourTranse ces fêtes et… chaque fois que je partais il y avait des personnes qui se rajoutaient pour se faire initier. Pour venir en Haïti. Ils venaient tout seuls, sans que je ne demande rien à personne.

Donc les gens venaient spontanément, pour être initiés. C’est quand même extraordinaire la force de ce monde spirituel en Haïti. C’est un vécu que je souhaite aux gens de pouvoir connaître. Je pense que dans les initiations Vaudou, déjà le premier degré est très puissant. Le deuxième…imaginez… Le troisième, c’est terrible !

Le troisième degré, attention, tout le monde ne pas y accéder. Il y a des gens qui vont mettre cinq, sept, voire dix ans pour accéder au troisième degré. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas l’homme qui choisit de vous faire passer le troisième degré : c’est l’esprit qui va vous dire si vous êtes prêt ou pas.

Un jour un monsieur est venu avec une petite valise pleine de billets… et il m’a dit : « moi, je veux aller au troisième degré ». Humm… Je l’ai quand même amené en Haïti. Pourtant, ce sont des gens très pauvres. On lui a dit « vous voyez Monsieur. Reprenez votre petite valise et repartez d’où vous venez. Vous n’êtes pas prêt ! Au revoir» ! Donc il s’est fait rembarrer. Donc ce n’est pas nous qui choisissons. C’est les esprits qui vont choisir si vous devez passer ce troisième degré ou pas. Et donc ça peut prendre du temps.

C’est vrai que Haïti on arrive à trouver des choses extraordinaires. Et on peut dire ce qu’on veut… c’est vrai que j’ai eu énormément de chance d’être accueilli par mes Frères Haïtiens. C’est vrai qu’ils m’ont beaucoup apporté, beaucoup donné. Parce que je crois que je suis l’un des seuls blancs à avoir reçu autant de secrets là bas… et surtout à avoir un temple en Haïti… (temps de pause)… Il n’y a pas beaucoup de blancs qui ont des temples en Haïti. Ca c’est sûr… Il est vrai que, que ce soit en Afrique, en Haïti et partout où je suis passé, je pense que mes Frères là-bas ont très bien compris la démarche que j’ai faite vis-à-vis d’eux. C’est vrai que je ne les ai jamais trahis. Et je ne veux pas les trahir. Et c’est vrai que c’est quelque chose d’extraordinaire que je souhaite à beaucoup de monde, s’ils peuvent le faire.

Les gens qui veulent être initiés, librement ils viennent et librement ils repartent. S’ils sont musulmans, ils restent musulmans ; s’ils sont chrétiens, ils restent chrétiens ; s’ils sont bouddhistes, ils restent bouddhistes. Peu importe leurs croyances. Ils sont libres. Ils repartent libres. On n’impose rien à personne. Ca c’est important. C’est vrai que ça peut vous ouvrir les portes. C’est vrai que ça peut vous apporter le bonheur, la santé, la prospérité, l’amour, pour vous comme pour vos enfants… Mais c’est vrai qu’en même temps, il faut faire attention où on met les pieds. Parce que, il y a initiation et initiation…

 

 

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Mourir pour vivre ?

Mourir pour vivre et non pas vivre pour mourir. Problématique initiatique, problématique profane. L’un chemine, guidé par l’essence de sa quête. L’autre suit son chemin entrainé par les circonstances de la vie qui le mènent inéluctablement du levant au couchant sans avoir cherché à s’élever au dessus du torrent de la vie et de ses courants incontrôlables.

Vivre c’est savoir renoncer. Renoncer à des privilèges pour la justice, renoncer à une condition physique ou sociale pour maintenir la vie, renoncer à un orgueil dévorant pour laisser s’épanouir la lumière.

La grande faucheuse est l’amie de tous. Elle vient tous nous chercher lorsqu’il est l’heure et que nous avons l’âge. Symboliquement, elle représente le renoncement, vecteur de transformation, voire de transmutation. Figure emblématique de toutes les traditions populaires, elle n’épargne personne.

Le maître est précipité dans une mise en scène macabre qui le rend victime d’un crime crapuleux, dont il faudra qu’il accepte l’ignomignie pour renaître de ses cendres, tel le Phénix. L’oeuvre d’architecture n’est jamais achevée. A peine érigé le temple est voué à une destruction certaine. Le compagnon équipé de son viatique a parcouru les sentiers de son être intérieur. Il a construit. Il a surtout appris à ériger les fondations de son temple selon des principes et des méthodes. Il en a découvert aussi par lui-même et a le sentiment in fine d’être parvenu au bout d’un chemin, ou à tout le moins d’avoir fait un bon bout de chemin qui l’autorise à prendre un peu de repos.

Que nenni. La grande faucheuse est là. Elle n’oublie jamais personne. Elle veille sur l’oeuvre qui a le tort de se croire accomplie ou parvenueà un certain degré d’accomplissement. Son éternelle mission consiste à détruire ce qui se croit arrivé au bout du chemin, ceux qui ont l’outrecuidance d’envisager mettre un terme au processus d’évolution. Soit. Il leur en faudra passer par l’involution. Revenir au degré zéro de la création pour bâtir à nouveau.

Alors quel intérêt ? Je crois que tout simplement on ne batit pas à partir de rien. La matière en décomposition génère l’humus sur lequel s’épanouissent les plus belles fleurs. Et sur de la roche brute point de fleurs, un sol raviné par les intempéries où rien ne pousse, rien ne s’élève en l’absence de la moindre semence.

Alors la bonne recette ? Elle est sans doute dans une certaine equanimité qui ne laisse aucune  prise aux éléments après le passage de la truelle. Elle est dans la recherche de ce point d’équilibre jamais véritablement atteint, dans la quête de l’harmonie libératrice qui a cultivé le feu intérieur, dont, à partir de la brisure de la faux, jaillira la lumière.

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Le rituel : une entreprise de communication de haut niveau

Les rituels en résumé audio français cliquez sur le lecteur :
Rituals, high vibration linking tools – summary in English

English text below the French article

Le mystère du rituel

Les rituels sont des outils spirituels rattachés aux usages du passé. Nous parlons ici des rituels, individuels ou collectifs, liés à la pratique d’une spiritualité.

Par le rituel, le passé devient présent, le mythe s’actualise. Les mots employés sont archaïques et les symboles fondamentaux mis en musique par les rituels, presque toujours rattachés à une tradition. Le rituel, quel qu’il soit, fonctionne un peu comme une mise en scène. Les mots, les gestes et les déambulations déterminent un espace sacré dans lequel le temps est soudainement suspendu. Lorsque le rituel est collectif chacun y joue son rôle et devient l’acteur intemporel d’une psyché collective.

L’efficacité d’un rituel est souvent liée à son ancienneté et à sa qualité. Il est nécessaire aussi que les participants se sentent impliqués, car sinon la distance qu’ils mettent entre les mots, les gestes et leur mental amoindrit la portée du rituel.

Entrer en rituel, c’est accepter consciemment de se relier, de faire dialoguer en soi la conscience et la part inconsciente de l’être, enracinée dans les mythes éternellement vivants de l’inconscient collectif ; C’est aussi, accepter de se relier aux forces invisibles auxquelles il fait appel,  grâce aux images que le rituel envoie à notre mental. On pourrait ainsi dire que le rituel est la partition capable de créer une ritournelle sacrée, qui en montant en vibration se fond peu à peu dans la musique des sphères. Ainsi donc le rituel relie en verticalité, crée dans l’espace sacré un lien intime entre les âmes et les dieux, et en horizontalité, un lien d’amour spécifique entre les êtres qui le pratiquent.

Ainsi le rituel fait entrer les êtres en harmonie et grâce à sa puissance subtile, met en marche l’imagination, développe l’intuition et ré-enchante le monde. C’est pour ainsi dire, de la magie. Et à travers le rituel, l’âme agit. Il donne à l’âme une respiration, un second souffle, le droit d’exister et de revendiquer son existence dans un monde essentiellement fondé sur le matérialisme des corps et des choses.

Rituel profane ou rituel sacré ?

Il y a des rituels profanes et des rituels sacrés. Mais si on regarde bien autour de nous, qui peut se passer de rituel ? Celui qui n’en pratique pas, s’en invente, constamment. On appelle cela des habitudes, mais elle rythment la vie et lui donnent un sens. Celui qui prétend se passer de tout rituel, même les plus simples, ne peut que se mentir à lui-même, ou alors son être intérieur, privé du lien d’amour créé par cette mise en relation, se dessèche et devient peu à peu insignifiant, perdant jusqu’au sens de l’existence.

Lorsque j’étais enfant, mon père se levait le matin pour faire son café. Le chien l’attendait dans la cuisine. Invariablement, lorsqu’il le voyait entrer, le chien allait tranquillement se positionner à l’autre bout de la cuisine. Et invariablement mon père ouvrait la boite de sucre, coupait un sucre en deux et le lançait au bout de la cuisine, de façon à ce qu’il atterrisse très exactement entre les pattes du chien qui s’était positionné là pour recevoir ce présent de bienvenue dans un nouveau jour. Ensuite venait une séance de caresses, puis le chien ne lui réclamait plus rien jusqu’au lendemain matin. Il avait conquis dans la joie et le plaisir, le droit de démarrer sa journée.

Rituel profane s’il en est, mais rituelie simple d’amour, fondée sur des gestes, et auto instauré entre deux êtres.

 

Rituel et égrégore, comment ça marche ?

Les rituels sacrés, quels qu’ils soient sont liés à un égrégore. Qu’est-ce qu’un égrégore ? C’est très simple. C’est une forme pensée collective créée par des êtres qui ensemble, font toujours appel aux mêmes forces. La tradition hébraïque dit que la réunion de plusieurs personnes invoquant la qualité d’un ange (par exemple, la bonté, l’amour, l’intelligence) crée un malak. Le malak, c’est un être invisible, comme une boule d’énergie, chargée des intentions des gens qui se sont réunis. Et cette boule d’énergie prend vie. C’est exactement comme dans le docteur Frankenstein, sauf qu’il ne s’agit de rien de terrible. La force d’amour des gens réunis crée un être. Cet être prend vie. Mais il s’agit d’un être éphémère, car il n’a pas d’âme. Il est simplement l’une des formes de l’énergie universelle qui s’agrège à un moment donné, grâce à la volonté des participants. C’est comme un petit robot d’amour, mais invisible, et dont la seule fonction serait de créer de l’amour et de relier ceux qui sont en bas aux forces cosmiques éternelles qui portent cet amour dans l’univers. Ainsi notre petit robot malak nous met en lien avec ces forces qui, elles, sont nourries d’une vie et d’une lumière éternelles.

Si les gens réunis prennent l’habitude de toujours utiliser les mêmes mots et de faire les mêmes gestes pour invoquer le ou les malaks qu’ils ont créés, ces mots se chargent d’une force qui appelle aussitôt le malak. C’est pourquoi il est important que le rituel soit relié à une tradition. En effet, sa répétition à travers les siècles, charge les mots de sens vivant et donne de la force et de la vigueur aux formes pensées que le rituel a créées. C’est pourquoi, par exemple, les mots d’une prière traditionnelle, répétée depuis des siècles par les pratiquants d’une même religion, ont le pouvoir de les mettre très simplement en relation avec la force divine que ces mots appellent.

Ainsi l’égrégore c’est cela : c’est la congrégation des malaks créés par une même intention et qui ensemble, constituent un système cohérent de mise en relation avec le divin et de protection de ceux qui pratiquent le rituel. Pourquoi un système de protection ? Parce que celui qui est dans un égrégore d’amour, demeure toujours baigné de la lumière de l’amour. Il devient de ce fait bien moins sensible aux forces violentes de la haine qui ne peuvent pour ainsi dire plus l’atteindre. C’est aussi parce que, sur le plan invisible, l’ensemble des êtres créés par le rituel et qui constituent l’égrégore, peuvent être facilement appelés par les participants et créer une barrière de protection quasi infranchissable, qui empêche l’ensemble des pratiquants d’être atteints par des vibrations de bas niveau. C’est qui se cache par exemple derrière le baptême chrétien. Le nouveau né est présenté et protégé. Ceci est particulièrement vrai aussi pour les membres d’une société initiatique, car des égrégores puissants protègent ceux qui ont été présentés par les mots et gestes adéquats à la congrégation des malaks, donc, ceux qui ont été initiés. Et ces égrégores les protègent toujours au-delà de la vie, mais à un niveau plus élevé.

Mais il y a des rituels modernes qui se nourrissent de formes pensées qui existent dans la société et qui sont présentes dans tous les esprits. Ces rituels là n’ont pas forcément besoin d’être liés à une tradition. Mais ils sont « branchés » la plupart du temps, sur des fréquences bien plus basses que les rituels sacrés et il est parfois préférable d’observer à leur égard une certaine prudence.

Lorsqu’il est convoqué par une assemblée de gens réunis, immédiatement, le malak prend son office. Le rituel lui dit en substance mais avec ses propres mots : « Malak, va chercher l’âme d’amour universel dont tu es le miroir et demande lui de se manifester au milieu de nous. Malak, entre en contact avec les champs magnétiques des participants et élève leur vibration jusqu’à l’âme d’amour universel que nous avons convoquée. Malak, permet à l’ange d’utiliser ton énergie intermédiaire pour se manifester parmi nous, prête lui un masque, donne lui un visage, lui qui n’a de forme que celle de la lumière divine, afin que nous puissions être baignés de sa lumière céleste et la retransmettre à notre tour autour de nous ».

Voilà en substance et décodé pour nos lecteurs, ce que font et disent les rituels. Vous l’aurez compris, le rituel est donc une entreprise de communication sophistiquée qui ne dit pas son nom. Mais il est agissant et vivant et permet à l’âme d’avoir sa propre respiration et, bien loin des discours des religions et des dogmes, de se relier consciemment et volontairement au divin.


IN ENGLISH : Rituals, High vibration linking tools

Rituals are spiritual tools by which past becomes present along with myths that make their come back into the present. The efficiency of a ritual is often linked to its usage through centuries of practice, and to its quality. To make a ritual efficient one must accept the idea of being linked, and to initiate a dialogue between the conscious and the subconscious part of his inner being, rooted into the everlasting myths of the collective unconscious. Thus the ritual links the soul to vertical heights, creating within the sacred space an intimate link between souls and gods, and horizontally a strong loving link between participants. There exist profane and sacred rituals.

The Hebraic tradition says that the gathering of several people who invoke together the inner qualities of an angel (such as love, goodness or intelligence for example) create a malak. A Malak is an invisible being loaded with the intentions of the people who chose to invoke it together. And this energy ball, this new being, becomes alive. But this being is necessarily ephemeral, because it has no soul. It is similar to a small loving robot, though invisible and whose only function would be to create love, and link those who are on the earth, to the eternal cosmic forces which Universal Love originates from.

If the people who gather together always use the same words and gestures to invoke malaks, these sentences or words are durably loaded with a strength that convokes the malaks efficiently. This is why for example, the words of a traditional prayer, repeated through centuries by the people who practice a religion, have the power of putting them in relation with divine forces very simply.

Thus an egregore is the assembly of malaks created by the same intention and who, together create a coherent system that links the people of a practice group to the divine forces and protects those who practice the ritual together. This is the secret for example of Christian baptism. The newborn has been presented and it is thus protected. It also is the secret of any initiation process as well, because very powerful egregores protect those who have been duly introduced to these forces by the adequate words and gestures. And these egregores also protect them beyond life time but at a higher level.

When it is convoked by an assembly of people, the malak immediately comes into action. The ritual actually says to the malak: “Malak, please go and get the universal love soul of which you are the mirror and seek it to appear among us. Malak, please contact the magnetic fields of all participants and arise their vibration to the universal love soul that we have convoked. Malak please give the angel the adequate conditions to manifest itself among us, give it a mask, he who has no other face than the everlasting loving light, so that we can be bathed by its celestial light and redistribute it to those who need it around us”. To make a long story short, this is how rituals work and what they say. This is why they allow us to connect consciously to the divine forces.


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