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Au-delà des mots

Nouveau : Méditation sur les outils, cliquez ici pour y accéder

Hier je suis sortie dans la rue… en bas de chez moi… un souffle… une odeur… un rayon de lumière… Je me souviens. Me voici projetée dans une autre réalité. C’est l’éternel recommencement de la madeleine de Proust. Et lorsque la réalité qui surgit est une réalité contemplative qui nous permet d’échapper au spectre permanent des apparence, la vie alentour revêt un tout autre aspect.

L’expérience mystique se passe de mots. Elle se traduit difficilement avec les mots. Seules quelques métaphores peuvent sans doute donner une idée plus poétique que réelle de ce qui survient. Car cette réalité dépasse toute poésie. Elle transcende les frontières de ce monde pour réaliser le plein éclat de la lumière.

Ce fut dans le demi sommeil conscient d’une matinée paisible. Un tunnel… une traversée vertigineuse… puis la lumière. Lorsque la lumière se lève enfin de façon à la fois violente et spontanée, que l’amour irradie l’être de toute sa splendeur, l’âme, surprise, comme une épousée au premier jour, a le sentiment d’embrasser le savoir universel en un éclair. C’est comme une bibliothèque qui s’étendrait à l’infini et dont elle possédait déjà les germes et le contenu sans en être consciente. Au réveil, il reste l’Amour, une flamme d’Amour qui transcende tout et une indéfectible foi en l’existence et la beauté d’un principe supérieur d’essence divine.

Nous possédons tous cet éclair de connaissance qui dynamise nos pensées et se manifeste au travers de cet état de perception particulier qu’on nomme intuition. Il est simplement plus ou moins occulté, relégué au fond de nous, en fonction des conditions affectives et matérielles de notre vie terrestre.

Il ne faut plus penser avec des mots. Le jour où les hommes parviendront à englober la réalité sous forme d’évidences lumineuses, l’humanité aura réussi la révolution de l’esprit. Une fois affranchi des apparences et du souvenir, la puissance de l’esprit n’en est que plus grande. Alors tel un château de cartes, le monde des apparences s’évanouira et le spectre de la grande faucheuse ne sera plus pour tous qu’une ombre lointaine à jamais évanouie ; la sombre évanescence d’un autre temps, dans un monde qui en aura fini avec le temps.

 

 

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La prière

Pour qui n’est pas dans une logique religieuse, la prière est sans doute plus difficile à pratiquer que la méditation.

L’une et l’autre sont bien pourtant une pratique. Une pratique de l’isolement, de l’auto-construction du temple intérieur, du retrait en son for intérieur. Une pratique de la suprême libération, de la liberté absolue de sa propre conscience.

Mais alors que la méditation de type bouddhique, consiste à retrouver « la véritable nature de l’esprit » par la cessation du mouvement de la pensée, par la découverte et la pratique du vide intérieur, la prière est un mouvement, une création, fondée sur une pratique conjointe du donner et du recevoir. Donner et recevoir du plus profond de l’être, de l’être spirituel, par la voie directe de ce qui est le plus lumineux en l’homme, le plus pur, le plus vrai.

Cela tient donc d’abord de la purification :

La prière n’est pas une demande de réalisation de quelque chose, ce n’est pas un déterminant du futur : c’est dans l’instant et en nous-mêmes que nous trouvons la clé mystérieuse qui nous ouvre le chemin de la lumière.

Mais pourquoi est-ce que j’éprouve une difficulté, une gène vis-à-vis de la prière au sens classique du terme ? A un premier niveau, c’est bien sûr par le rejet que j’ai eu, adolescent, de la mascarade religieuse. D’une interprétation des contenus qui les pose absolument à l’opposé de ma propre foi : en suscitant des invocations à un dieu qui serait nommable, interlocuteur achetable par des exvotos, qui répondrait à des prières qui arrangent l’avenir, et à qui on peut adresser des demandes de miracles. Toutes les religions ouvrent, dans ce sens, un marché avec dieu.

Plus profondément, c’est cette nécessité de reproduire des paroles professées qui me gène, les formules obligées d’une spiritualité cultuelle, des paroles révélées pour être répétées. Comme si la prière était impossible à partir de ce qui nous habite, à partir du mouvement même de l’esprit, d’une prise de parole en nous de ce qui est à la fois le plus intime et le plus vaste, le plus spirituel et le plus vivant. La prière que je souhaite est celle de l’esprit agissant, celle du verbe créateur, naissant, inédit. Elle ne peut habiter pas même ma mémoire, cette prière. Elle habite à peine ma conscience d’un possible lien avec l’unité primordiale. Loin de jouer avec le temps et mon propre devenir, cette prière abolit les lois du temps, elle m’unit à tous les humains de tous les temps qui ont en eux-mêmes cherché la lumière et trouvé la source de vie. Donner et recevoir ne sont alors plus qu’un seul geste, l’impossibilité de l’idée même du péché, du péché et des dualismes : la vie et la mort, le vrai et le faux, le beau et le laid, la force et la faiblesse, l’essence et l’existence, l’avant et l’après… Tout vient s’unifier hors du temps. Le cœur et l’esprit y apprennent d’un même rythme l’abolition de tout déterminisme.  L’amour devient lumière. Le désir devient ce mouvement conjoint et irrésistible d’amour et de lumière. Le verbe devient agissant.

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Les cinq sens

Les cinq sens, ce sont les outils du corps physique pour découvrir le monde, s’y insérer et participer à la vie ici bas. Ce sont aussi les sens qui nous permettent d’exprimer l’amour, la souffrance, la douleur, le bien-être. Toutes les sensations, des plus basses aux plus élevées, des plus douces aux plus dures passent par les sens ; ainsi que l’apprentissage de la connaissance et l’initiation.

Mais comme l’homme dispose de la pensée pour comprendre et de l’âme pour aller plus loin, les sens sublimés nous apportent la perception du monde des idées ainsi que des mondes extra- sensoriels que nous percevons avec l’ensemble de nos corps : physique, psychique, ethérique, astral. L’utilisation des sens devient alors perception extra sensorielle. Au-delà de la mort, les sens se dissolvent et l’ensemble des sens réalisent alors l’œuvre alchimique, participant ainsi à l’accomplissement du grand œuvre.

L’ouïe

Entendre, c’est la faculté de percevoir des sons. Il peut s’agir des bruits de la nature, du son de la voix, ou de la musique. Les sons peuvent véhiculer un bruit désagréable, délivrer un message ou exprimer une harmonie.

Lorsqu’ils signalent un environnement ou un danger les sons s’adressent au corps physique. Les sons produits par la parole s’adressent à l’intellect. Les sons produits par la musique, la lecture de textes poétiques ou le théâtre s’adressent à la sphère émotionnelle.

Les harmonies vocales ou musicales produites par les rituels ou de subtiles œuvres musicales s’adressent à l’âme. Le son devient alors ambassadeur de la lumière. Sur le plan extra sensoriel, la perception sonore se manifeste par la claire audience ou de façon plus rare et plus subtile, par la perception de la musique des sphères.

La vue

La vue est le sens suprême. Du simple fait de voir à la double vue, en passant par la hauteur de vue et le point de vue, il y a tout une palette de niveaux de vue, des plus simples aux plus subtils. La vue permet aussi de discerner le beau et de se repérer dans l’univers physique.

Voir

La capacité de voir est une capacité physique liée aux yeux, organes de la vue. Voir c’est simplement recevoir de la lumière, des images, qui s’accumulent dans le cerveau et sont sujettes à interprétation. Sur le plan physique, voir permet de se repérer dans l’espace, d’éviter les obstacles, d’apprendre la structure de son environnement et de se forger des représentations physiques du monde.

Regarder

Regarder est une action volontaire de la faculté de voir. Regarder, c’est chercher à connaître et mettre en œuvre un processus intellectuel qui amène à recevoir des informations de son environnement physique et à les interpréter. Regarder, c’est voir ce qui est beau. Regarder c’est aussi apprendre à aimer. Le regard traduit la beauté de l’âme ou tout simplement sa nature. Ne dit-on pas des yeux qu’ils sont le miroir de l’âme ?

Discerner

Savoir discerner, c’est mettre en œuvre une vision analytique qui passe la vue au crible de l’analyse pour former une opinion ou constituer une connaissance. L’approche critique et analytique mène au discernement, qualité intellectuelle qui permet de se départir peu à peu de la confusion.

Percevoir

La perception est une façon de voir plus fine et plus perçante que la simple vue. Percevoir, c’est voir au travers. Percevoir c’est comprendre de façon intuitive ce qu’est l’autre, ses sentiments, son être profond. Percevoir c’est discerner ce qu’on appelle les signaux faibles, annonciateurs d’évènements à venir, inattendus ou imprévisibles. Percevoir, c’est aussi voir la lumière, les auras, regarder les
formes lumineuses se mouvoir. La perception est à la frontière entre la vue et la double vue.

Double-vue

Au-delà du miroir, la double vue est une perception de l’âme qui se matérialise par des idées, de la lumière ou des images. La double vue, c’est la perception directe d’un passé, d’un avenir ou d’un autre monde. Cet “autre monde” ce sont les mondes immatériels. Selon son niveau de subtilité ou la pureté de son âme, le “voyant” verra plus ou moins loin, discernera des réalités plus ou moins subtiles, plus ou moins éthérées.

Tous les mondes coexistent. Ils sont simplement en harmonie avec divers niveaux de vibration. Le corps physique vibre sur un niveau bas. C’est la raison pour laquelle il est matérialisé. Celui qui arrive à augmenter le niveau de vibration de son âme arrivera à percevoir d’autres réalités qui coexistent avec notre monde sur des plans différents. Celui qui baissera excessivement le niveau de vibration de son âme percevra des mondes plus matériels, voire terribles ou terrifiants.

L’un des buts des chemins de sagesse est d’arriver à un équilibre vibratoire qui, au travers de la recherche d’un équilibre émotionnel, permet d’éviter de se retrouver alternativement et selon l’humeur, à des niveaux de vibration très éloignés les uns des autres.

2.6 lire

Lire, c’est apprendre et découvrir la connaissance accumulée par nos contemporains aussi bien que par la multitude d’auteurs qui nous ont précédés. La lecture est structurante; elle concourt à la structuration et à l’affermissement de la logique ainsi qu’au développement de l’imagination. La lecture, c’est aussi la confrontation de deux points de vue : celui de l’auteur et celui du lecteur, la rencontre de deux âmes.  Lire fait avancer sur le chemin de la connaissance.

Toucher

Palper

Palper est le fait de toucher volontairement. Ce toucher peut produire une sensation agréable ou désagréable. Il en va de même pour le toucher involontaire. Palper c’est aussi reconnaître. Le toucher est la vue des aveugles. Toucher c’est aussi s’autoriser à évoluer dans le monde physique dans lequel nous sommes. Celui qui ne sentirait rien se mettrait en danger et serait contraint de rester au lit pour ne pas mourir. Le toucher est un sens de découverte et de sauvegarde.

On peut être privé de vue, d’audition, malgré leur extrême importance, mais pas de toucher. Ne pas toucher ni sentir, c’est être voué à une mort certaine ou à une non connaissance du monde. Les sensations agréables développent le psychisme. Les sensations désagréables peuvent provoquer des blocages. Par la négative, le toucher c’est aussi dans le mauvais cas, la violence qui aboutit à une souffrance physique. Par la positive, c’est une sensation de bien- être qui développe l’esprit et stimule la vie.

Au rang des sensations positives il y a : la relaxation (autorelaxation volontaire, massages, environnement relaxant), le sport quand il est agréable, les promenades, les déambulations, la marche, les caresses de l’amour, l’extase de l’orgasme, la douceur du partage.

Sentir

Sentir, c’est ressentir ce que l’on touche. Au rang de ce qui est ressenti, on trouve le froid, le chaud, l’humide, le sec, le doux, le rude. Les sensations véhiculent le plaisir aussi bien que la douleur. Elles sont l’aliment subtil de notre corps physique et aident l’être à se forger des repères, des jalons dans le monde et franchir les étapes de la vie… les étapes initiatiques aussi.

Toucher sans contact

Magnétisme et toucher de lumière

Il y a deux sortes de magnétismes (ou plutôt deux sortes de canaux) : le magnétisme physique (terrien qui agit sur le corps astral) et le magnétisme spirituel qui est l’attractivité de l’âme. L’un et l’autre correspondent à des niveaux différents d’évolution ou plutôt de vibration. On peut utiliser l’un et l’autre pour soigner selon les besoins et selon la façon dont on en est pourvu.

Le magnétisme physique est celui du corps astral. Il permet de soigner par la transmission d’énergie vitale. Le magnétisme spirituel est le toucher de lumière. La double vue permet de discerner des zones de lumière sur le corps qu’on souhaite soulager ou soigner. Demander l’aide des guides spirituels permet de transformer son corps en canal. Ce n’est pas moi qui soigne, ce sont eux qui soignent à travers moi. Mais il faut aussi se protéger, pour ne pas attraper le mal de celui qu’on soigne. Et ne jamais oublier de remercier, quand l’aide apportée a abouti.

Il ne s’agit pas seulement de soigner. La lumière c’est aussi un jeu. Elle circule, elle bouge : elle est drôle. Il y a des rais de lumière qui traversent les corps dans tous les sens, et qu’on entend parfois ! Ca fait comme les moteurs des petites voitures qui passent devant soi sur un circuit électrique : ziouup… ziouup !

Recevoir des fluides et de la lumière

Nous recevons des fluides constamment dans l’interaction avec les mondes visibles et invisibles. Ce sont des fluides magnétiques ou des fluides de lumière. Nous émettons aussi des formes pensées. Tout cela circule. Ces formes se sentent ou se voient. Parfois elles ne se voient pas du tout, mais elles sont quand même là. La perception extra sensorielle dépend de l’humeur, des sens aussi. Si on a mal quelque part on sent moins bien les interactions invisibles et magnétiques. Si on se sent déprimé, fatigué ou triste, la vibration tombe et il est difficile de s’élever hors du monde physique. Parfois il y a aussi de longues périodes où on ne sent rien, où on a l’impression de ne pas évoluer. Les évolutions sont en réalité en gestation.

Souffrir

Il y a divers niveaux de souffrance. La souffrance physique est le signe d’un dysfonctionnement du corps… la souffrance morale celui d’une blessure de la vie ou d’une blessure karmique. La souffrance spirituelle est l’éternelle blessure quasiment insoutenable de l’âme qui a vu dieu et se sait séparée des mondes de lumière le temps de l’incarnation.

La souffrance physique peut être due aux maladies, à un choc ou une violence subie. Il existe plusieurs façons de la soulager ou de la faire disparaître, par la médecine classique, les médecines douces, les massages ou le toucher de lumière. La souffrance morale est soulagée par l’écoute, l’amour, la fraternité et le travail sur soi. La souffrance spirituelle s’amenuise grâce à un travail sur la patience, le chemin et la recherche de la sagesse. Les voies sont nombreuses et passent souvent par un chemin initiatique. Cette souffrance est compensée par la joie de vivre et l’amour donné à dieu et à ses frères humains ; par l’amour reçu aussi. Celui qui vit dans l’amour et la joie finit par réaliser que la séparation des mondes n’est qu’une question de frontière. Au-delà de l’existence il n’y a que lumière.

Nous existons sans exister, nous vivons séparés du tout sans l’être réellement, notre existence est à la fois illusion et nécessité. Nécessité du retour à l’infini et de l’accomplissement du grand œuvre. En cela elle est effective et réelle et aussi à prendre très au sérieux.

Au-delà de la souffrance

Au delà de la souffrance, le corps peut sombrer dans l’inconscience et déconnecter le conscient pour cesser de sentir la douleur. La nature est bien faite et lorsqu’on se fait très mal, une poussée d’adrénaline permet d’éviter de ressentir de façon trop dure, une douleur violente.

La souffrance en tant que symbole

Par son aspect marquant, la souffrance peut aussi avoir valeur de symbole. L’un des symboles de souffrance les plus récurrents dans les civilisations est celui du martyr. L’être ou le peuple qui a été injustement torturé ou sacrifié devient martyr. Il peut devenir le symbole d’une lutte, d’une cause défendue de façon plus ou moins juste, ou encore d’un chemin spirituel ou religieux. Il peut avoir valeur d’exemple qui perpétue la violence dans une logique infernale de reproduction des modèles. Il peut aussi donner un coup d’arrêt à la violence, être le jalon marquant d’une ère nouvelle de paix et de partage.  La symbolique christique est fondée en partie sur la souffrance générée par son calvaire. Il s’agit dans ce cas d’une souffrance expiatoire, d’un feu divin qui brûle sans consumer, épure les zones
d’ombre et les blessures des karmas individuels et collectifs.

Au-delà du symbole de martyr, sur le plan initiatique, la souffrance peut être vue comme un jalon, un passage. Elle précède alors une renaissance et ouvre un chemin tout en conférant une identité au sein d’une fraternité : souffrance de la perte des sens, souffrance de la brûlure et de la blessure physique. La souffrance initiatique a valeur d’enseignement.

Il y a aussi pèle mêle les rites de bizutage ou d’admission au sein d’un clan qui ne sont pas des rites initiatiques mais des rites barbares. Et enfin la plus belle des souffrances, qui est celle que la femme ressent lorsqu’elle donne la vie ! Elle est intense, mais donner la vie, c’est aller au-delà de notre propre vie, la sublimer en quelque sorte, pour le bien et l’amour d’un autre être, un minuscule enfant qui
nécessite amour et protection pour être élevé et guidé dans la vie.

Le goût

Le goût est la faculté de percevoir la nature des aliments. Le nourrisson reconnaît sa mère grâce au goût de son lait, au son de sa voix et à son odeur. Le goût c’est le plaisir de l’alimentation, c’est aussi la gourmandise ou la curiosité de découvrir de nouveaux goûts au travers de l’art culinaire et la gastronomie. Sur le plan intellectuel, le goût est l’attirance pour formes artistiques ou littéraires correspondant à nos attentes. Sur le plan spirituel, le goût est une attirance pour certains êtres situés dans notre champ vibratoire ou partageant avec nous une attirance d’ordre karmique.

L’odorat

L’odorat est la faculté de percevoir les odeurs. Les odeurs véhiculent le plaisir dans le cas des bonnes odeurs, le dégoût, dans le cas des mauvaises odeurs, pouvant aller jusqu’à rendre malade. Les odeurs peuvent aussi signaler un danger (feu, gaz toxique).

L’odorat est lié au goût. Il déclenche la faim. Les odeurs du corps peuvent être source de plaisir, de dégoût ou signaler un dysfonctionnement. Elles sont liées à la vie et aux cycles du corps humain.
Les parfums sont source de plaisir. Ils peuvent aussi purifier l’atmosphère. Atmosphère physique dans le cas des produits nettoyants, ou élever le niveau vibratoire d’un lieu comme c’est le cas pour l’encens. L’odorat, c’est aussi l’odorat extra sensoriel. Le monde invisible ne produit pas que des manifestations visibles ou auditives : il produit aussi des parfums qui sont un baume pour l’âme qui en perçoit la douceur.

Ces sens oubliés…

Lorsqu’on parle des cinq sens, on oublie ces organes qui produisent de la vie ou du sens. Alors pourquoi se limiter à cinq sens ? Est-il bien raisonnable de tronçonner le vivant ? Nous avons donc choisi pour cette raison d’évoquer les sens oubliés, qui, alliés aux cinq sens, forment un ensemble qui permet à l’homme d’évoluer harmonieusement dans son environnement d’apporter sa pierre à l’harmonie du monde.

La parole

La parole est l’instrument privilégié – mais pas unique – de la communication entre les hommes. Elle est l’expression de la vie, des besoins, de la culture, d’une pensée structurée. Au travers du lien du langage elle est le pendant logique de la lecture et de l’écriture et se perçoit grâce à l’ouïe, les vibrations qu’elle produit et visuellement, par l’observation du mouvement des lèvres. La parole sert de support aux rituels. Elle véhicule des énergies d’apaisement et d’union.Sur le plan initiatique, la parole, c’est aussi ce lien primordial qui manifeste la nature divine de l’âme et se trouve également à la source de son incarnation.

Le mouvement

Le mouvement est l’action volontaire des membres qui permet de se mouvoir dans son environnement. La mobilité est ce qui permet à l’être humain de vivre en subvenant à ses besoins : de travailler, de se déplacer, de découvrir le monde. Le mouvement c’est aussi l’harmonie des corps qui s’enlacent, l’expression artistique de la danse, la manifestation de vitalité de l’entraînement sportif, la beauté du mouvement de la vie, les déambulations qui déterminent un espace sacré.

Le souffle

Le souffle est le résultat d’une action volontaire. Il permet de respirer, de s’oxygéner de se détendre. En un mot il est le fondement même de la vie. Souffle et méditation : les bouddhistes tibétains pratiquent la respiration méditative. Sogyal Rinpoche explique dans le Livre Tibétain de la vie et de la mort, que lors d’une méditation il faut consacrer vingt-cinq pour cent de son attention à la respiration : pour faire circuler harmonieusement les énergies d’une part et éviter de se concentrer sur son ego, d’autre part.

Souffler pour soigner : qui n’a pas entendu un parent dire à son enfant : “tu t’es fait mal ? souffle dessus, ça ira mieux”. Au-delà de cette vérité très simple, le souffle fait pénétrer la lumière dans le corps qui souffre, repoussant ainsi le mal et la douleur. Il permet ainsi de repousser les zones d’ombres et de faire circuler les fluides pour remplacer l’ombre par la lumière.

La perception extra-sensorielle

La perception des mondes invisibles peut se faire par contact direct avec des êtres désincarnés. Les sens deviennent alors des extra-sens ou sens sublimés. Il devient alors possible de voir des êtres de lumière mais aussi de les entendre et de communiquer avec eux par la pensée.

Mais la perception extra sensorielle ne se limite pas à la vision ou à l’audition des êtres désincarnés. Elle concerne aussi l’intuition, le contact volontaire ou non avec la lumière divine, la transmission de connaissance par la pensée et la prière.

L’intuition

Nous possédons tous cet éclair de connaissance qui dynamise nos pensées et se manifeste au travers de cet état de perception particulier qu’on nomme intuition. Il est simplement plus ou moins occulté, relégué au fond de nous, en fonction des conditions affectives et matérielles de notre vie terrestre.

L’intuition concerne la perception extra sensorielle ou la transmission de connaissances de la part des entités du monde désincarné. Lorsqu’il s’agit de connaissance directe, les connaissances transmises sont en relation avec le karma de chacun, c’est-à- dire qu’on ne reçoit  finalement que les connaissances qui correspondent à ce que celui-ci est en mesure d’appréhender.Ces bribes de connaissance “céleste” sont parfois transmises de façon directe au travers d’intuitions que je qualifierai de “fulgurantes”, souvent dans des états de demi- sommeil conscient ou alors dans des moments où la personne se trouve dans des états d’absolue nécessité de prière. Il s’agit de quelque chose d’impérieux qui s’impose à elle par moments, sans qu’elle puisse s’y soustraire. Ces bribes de connaissance concernent la symbolique ou bien des données concernant la création. Dans ces cas là, il suffit de se formule explicitement en état de semi- conscient, ce qui ‘a été transmis. On en oublie une grande partie mais il en demeure la substantifique moëlle. Il faut se formuler ce qu’il en reste explicitement plusieurs fois, tentant d’établir des liens logiques et mnémotechniques entre les éléments pour les protéger de l’oubli. Ensuite, les écrire.

Infusion de lumière divine

La vie du mystique est une incessante prière à  la gloire de l’amour divin, de cette puissance céleste qui nous amène à transcender les limites du monde matériel pour s’épanouir dans la nature profonde de l’esprit. Evoluant sur un fil d’Ariane entre ciel et terre, tiraillée entre ses aspirations verticales et son incontournable condition humaine, en état d’incarnation, son âme s’épanouit à la croisée des
chemins entre esprit et matière, à la frontière de l’éveil des sens et de la transcendance.

La vie est un diamant de lumière translucide aux facettes multicolores. L’amour donné sans compter finit par élever l’âme au point de lui rendre sa nature divine, de lui restituer son essence originelle qui est diamant de lumière céleste. Lorsque la communion est communion d’amour entre les êtres, incarnés ou non, le parallèle est soudainement vertical. Il devient infusion de lumière divine.

La prière

Ce qu’est l’acte de prière : un échange de pureté, la compénétration de deux absolus, la rencontre de deux âmes… Dès lors que le savoir vient du cœur et ne peut être atteint par la raison, cela signifie qu’il correspond à une connaissance intime de l’existence de Dieu.

Cette interpénétration, cet échange de pureté, le besoin total et absolu de se sentir pénétré du flot de l’esprit sans limites temporelles ni physiques, à chaque instant de la vie, fait partie intégrante de la voie mystique ou voie cardiaque. Il s’agit d’exister en la création et de la laisser exister en soi. Pour toucher à l’essentiel… Toucher à l’essentiel… Est-ce là le sens de la prière ? Simplement permettre à l’être d’être, d’exister en Dieu et à travers Dieu… par lui, avec lui et en lui… en lui et à travers lui…

Quand les sens s’éteignent

L’extinction des sens ou leur inaction peut concerner la période de vie. Les sens s’endorment chaque nuit durant le sommeil. Ils peuvent aussi se mettre en sommeil pendant une maladie ou disparaître partiellement ou totalement dans les cas de handicap ou les états de coma. L’extinction des sens concerne aussi bien évidemment la fin de la vie.

Le handicap

Etre privé de ses cinq sens, c’est être presque mort, c’est en fait pire que la mort puisqu’on est prisonnier de ce corps physique. Mais est-on réellement prisonnier ? L’âme de l’être privé de ses sens s’échappe-t-elle régulièrement pour se ressourcer ? Est-ce parfois une préparation à une mort difficile car non acceptée, ou bien une espèce d’enfermement dont certains ne sont délivrés que par la mort
effective ? Tout dépend sans doute du karma et de l’évolution spirituelle de chaque être – en bref de son histoire personnelle, son chemin de vie, dans la vie et au- delà de la vie.

La mort : l’alchimie de l’après vie

L’accomplissement de l’œuvre au noir

Le pourrissement du corps, c’est cela qui m’a toujours fait peur. Pour cette raison je n’ai jamais aimé le rapport à la terre. C’est moche et ça sent mauvais. Jusqu’au jour où j’ai découvert la terre dans laquelle mon corps souhaite être enterré. Ce n’est pas moi qui ai parlé, c’est lui et c’est là qu’il souhaite reposer. Il y sera bien et mon âme n’en sera que plus libre. Il faut bien participer au cycle de la
vie… ! Une autre solution est aussi la destruction du corps par le feu. C’est ce que je souhaite, la crémation, si mon corps ne peut rejoindre cette terre, sa terre !

Pour les bouddhistes, cette phase là est aussi celle de la dissolution des sens. Il est important que cette phase soit bien accomplie, car si elle s’accomplit mal ou partiellement, l’âme peut rester liée à son corps physique. Elle n’est plus incarnée mais ne peut pas non plus monter et se perd près de la terre ou dans une espèce d’entre deux mondes fort désagréable. Soumise à ses passions, elle devient le jeu du karma et la proie de réincarnations très incertaines. Ne pas savoir accomplir l’œuvre au noir, c’est choisir la souffrance et la roue du destin. C’est pourquoi il est important d’aider par la prière ceux qui sont partis.

La fusion

La fusion avec le principe divin, l’ange solaire : c’est l’œuvre au rouge. Les sens psychiques se dissolvent dans un feu rédempteur qui consume le karma, l’ego et les passions. L’être fusionné dans le feu céleste s’élève spirituellement jusqu’à atteindre la lumière blanche. La fusion avec le principe divin peut se faire pendant ou après la vie avec un être angélique plus pur que l’âme qui s’élève. L’âme reste
alors individualisée mais cultive un lien direct, fil rouge de la Connaissance. L’être a alors subi une évolution par le “feu divin”.

La fusion peut aussi avoir lieu avec un jumeau spirituel ou complément spirituel divin. Tels les pièces complémentaires d’un puzzle, les jumeaux ayant atteint un stade suffisant de purification pour se retrouver fusionnent en un seul être. L’être fusionné devient alors un, être angélique ou entité de lumière, candidate ou non à la réincarnation. La puissance symbolique des deux entités fusionnées est alors transcendée et démultipliée.  L’évolution est fulgurante, lumineuse. Les âmes ainsi réunies sont lavées de leur ego et concourent activement à l’évolution spirituelle de l’humanité, soit de l’extérieur, soit de l’intérieur.

La lumière blanche

C’est le principe divin, principe d’Amour et de Connaissance universels. Il contient en lui toutes les nuances ainsi que tous les opposés, tous les principes ainsi que le feu. En intension, la lumière blanche est le germe universel ou point central. En extension, elle est la réalisation du principe universel à l’état pur. Cultiver en soi ce germe de lumière blanche revient à faire flamboyer l’étoile, jusqu’à ce qu’elle rejoigne la galaxie universelle de l’être, la béatitude infinie, l’accomplissement du grand œuvre.

Dans la lumière blanche, il y a l’Amour et la Connaissance universels. De mon expérience (on ne se souvient pas de tout) je me souviens d’une bibliothèque qui s’étendait à l’infini et à travers laquelle on pouvait voir tout le savoir de l’humanité et de l’univers. Tout ce qui avait été écrit, le sera ou ne le sera jamais était là… l’origine et le cheminement de l’univers.  Le savoir était à la fois en germe et en extension. C’est exactement comme si les connaissances que nous possédons, quelle que soit leur étendue, ou encore les connaissances et découvertes de l’homme depuis la nuit des temps, n’étaient que des “connaissances manifestées” qui seraient le reflet de quelques facettes seulement d’un noyau de connaissance universelle, capable de générer à l’infini d’autres connaissances et sous de multiples
formes.

D’après ce qu’on dit de l’Akasha, il ne s’agissait pas de cela. L’Akasha serait la mémoire de l’histoire du monde. Là il ne s’agissait de mémoire mais d’inclusion universelle de tout ce qui existe ou peut exister en potentiel, en réalité ou en devenir. Cependant, ce noyau de toute Connaissance est-il la nature même de l’Akasha, ou bien l’Akasha n’est-il que l’une des innombrables manifestation de ce noyau créateur de toute connaissance en potentiel (c’est à dire passée comme future, ou encore, incréée) ? Ou encore ce noyau de toute

Connaissance correspond-il à ce que les bouddhistes nomment l’Omniscience, qui serait différente de l’Akasha ? Lorsqu’on revient, on a oublié 99,999 % de ce qu’on a vu. L’évoquer est une douleur, une blessure terrible de l’être. Mais ce vécu conscient est aussi une chance pour l’âme, même si elle se languit de sa patrie. Ce qui est étonnant, c’est que la personne au réveil ne ressent plus aucune frustration de ce qu’elle a voulu faire et n’a jamais pu faire dans la vie : la vérité est ailleurs, l’âme du reste, contient ces accomplissements souhaités en germe et tout cela devient terriblement secondaire. On sait qu’on doit suivre un chemin (un seul ou quelques uns pour ne pas disperser ses forces) et on le suit. Entrer dans une voie de sagesse permet de ne plus souffrir, de cultiver la patience et de dérouler le parchemin lettre après lettre, mot après mot pour retrouver la pierre cachée, l’essence du sens. La prière permet de retrouver le fil, de ne jamais couper le cordon. La foi est un moteur, guide essentiel de l’Amour, qui mène à la Connaissance. On n’est jamais seul et c’est par le partage que l’élévation devient grâce, authentique canal de lumière qui fait le lien entre le Ciel et la terre.

Par ailleurs le lien entre Amour et Connaissance me semble incontournable. Il me semble que l’Amour peut se présenter seul, comme un préalable (déjà inestimable) à l’ensemble qu’il forme avec la Connaissance. Mais le noyau de toute Connaissance ne peut apparaitre sans avoir été précédé de l’Amour qui donne à l’appréhension de la Connaissance universelle, la distance nécessaire et le détachement des pulsions égotiques grâce à la Compassion et l’amour de son prochain, comme de toute forme de vie. Lorsqu’on a vu d’abord l’Amour il transcende tout. L’âme ne cherche pas alors à s’approprier la Connaissance comme un but unique ou la recherche d’un pouvoir temporel. Elle ne concourt pas non plus au développement de son ego.

L’avenir de l’homme

Il faut cesser d’être en marge d’une spiritualité qu’on ne nous a pas enseignée, mais que chaque être qui est prédisposé, en Occident, découvre par tâtonnements, ou grâce à une démarche qui passe souvent par l’initiation. L’heure n’est plus aux tâtonnements. Elle est à l’union, à une union internationale qui seule pourra inverser la tendance et éviter à ce monde de courir à la catastrophe. Même si les
liens se font de façon subtile il faut des liens forts ici bas, sur terre, et qui, de simples tendances dispersées, feront une vague, un mouvement, une chaîne de fraternité entre les hommes. Il n’y a pas d’autre solution. Et pour cela il faut que chaque être en ayant les capacités accepte de développer sa conscience et de concourir clairement et en toute liberté à soigner notre terre, malade de toutes sortes
d’égoïsmes et d’avidités. Mais pour cela il faut cesser de se voiler les yeux et de croire que nous sommes là pour ne rien faire ou pour simplement mener notre vie, ce qui revient au même.

Trop de forces de destruction sont en action. Nous n’avons jamais disposé d’une telle capacité à détruire notre monde et la mondialisation des échanges démultiplie les risques de destruction d’une humanité disloquée. L’avenir de l’humain passe par le développement harmonieux de ses sens et de ses facultés extra- sensorielles pour l’édification d’un monde meilleur, dans la fraternité et dans l’amour. Les êtres conscients doivent aujourd’hui s’unir. L’union des forces de vie est le seul choix possible.

C’est aujourd’hui un chemin incontournable si nous voulons que cette terre demeure.

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Le sacré : un point de convergence entre le ciel et la terre

Après avoir visité nombre de lieux sacrés, manipulé des objets sacrés, fait l’expérience intime d’espaces sacrés, aujourd’hui je m’interroge. Mais qu’est-ce donc que le sacré ? En dehors de l’expérience que  j’en ai, que nous en avons tous, presque toujours intuitive, que peut-on dire du sacré ?

J’ai commencé par faire un tour sur Wikipedia… il y a certes des choses intéressantes, mais on y trouve aussi bien le meilleur que le pire. Puis après avoir un peu surfé sur internet j’ai lu… oh pas trop ! synthétisé (quelque peu) puis finalement j’ai tout jeté à la corbeille et en rapprochant mon expérience et le souvenir de mes lectures, voici ce qui est demeuré. Il y a le fruit de longues années de lectures aussi, enfin ce qu’il en reste quand on a tout oublié, comme dit le proverbe. Oh ! Je ne vais pas m’étendre sur mon expérience personnelle ni me mettre au dessus de la mêlée, mais le sacré ça n’empêche pas que j’en ai souvent fait l’expérience, par mes visites, comme tout le monde, mais aussi… Et puis non ! Ca ne regarde personne d’autre que moi ! L’expérience du sacré n’est-elle pas intime après tout… ? C’est le cri de l’être intérieur, sa montée en puissance en direction du Ciel.  Je ne me renferme pas dans ma coquille, mais je crois que ce qui compte c’est ce que j’ai le plaisir et le désir de vous faire partager aujourd’hui. Et cela, ça nous regarde tous, car le sacré, c’est la quintessence de l’expérience humaine.

Qu’est-ce que je viens de dire ?… « La quintessence de l’expérience humaine ». Le sacré serait alors une expérience ? Non, bien sûr. Enfin pas uniquement. Il y a des lieux et des objets intrinsèquement sacrés. Mais ce qui permet de le dire, c’est l’expérience qu’on en fait quand on les approche. Donc le sacré est lié à l’expérience du sacré. Le lieu sacré met donc l’homme en relation avec le principe Eternel qu’il incarne. Avec le lieu sacré le divin s’est incarné dans le physique et en fréquentant ce lieu, l’homme peut plus facilement y faire l’expérience du divin, ressentir sa présence ici bas. C’est un point important, capital même.

Le sacré je le vois comme une manifestation de l’intemporel dans le temporel. Qu’est-ce qui peut être sacré ? Spontanément je répondrais : un lieu, un objet, un espace. Le lieu sacré manifeste la transcendance de façon intrinsèque, permanente pour ainsi dire ; l’objet sacré quant à lui, renvoie vers une réalité plus subtile. Il l’incarne pour ainsi dire. Quant à l’espace sacré il est un espace sacralisé temporairement par la pratique d’un rituel.

Dans tous les cas, le lieu, l’espace ou l’objet permettent alors à l’homme qui y  est réceptif, de faire l’expérience du sacré.  Mais à ce stade, nous n’avons rien dit, ou presque… juste posé quelques repères, à savoir que le sacré s’incarne dans un lieu ou une chose physique, pour y manifester l’invisible et le lumineux et mettre l’homme en relation avec lui. On peut dire aussi que le sacré s’oppose au profane, c’est à dire ce qui n’a qu’un sens courant et temporel dans la vie de tous les jours. Voilà ! En quelques mots… ne la tenons nous pas, notre définition du sacré ?

Les lieux sacrés

Allons plus loin… Lorsque je suis allée à Vézelay, j’y ai pris des photos étonnantes. Ce sont des choses que les yeux humains ne perçoivent pas, mais qui sautent aux yeux littéralement, en regardant la photo. Dans les murs de la basilique, il y a une végétation intense. La basilique est une forêt à elle seule. Une forêt invisible, naturellement ; semi matérielle, semi immatérielle, dirons-nous. Et nous venons là à un point essentiel. Le lieu sacré est un lieu sacré par nature, d’une part et par rituel, d’autre part. Autrement dit c’est un lieu d’un tellurisme particulier la plupart du temps, comme cette petite église templière du village de Roquebillière, construite sur les ruines d’un ancien temple Mérovingien et qui a résisté à travers les siècles à tous les tremblements de terre, alors que tout s’était effondré autour, comme ce temple japonais, à quatre vingt kilomètres de la centrale de Fukushima, qui a miraculeusement échappé au tsunami.

Donc à Vézelay la nature est reine. La nature subliminale, s’entend. Ce qui signifie, aux yeux d’un œil exercé que Vézelay a été érigée en harmonie avec les esprits de la nature, ceux qu’on appelle les élémentaux, esprits de la terre, de l’eau, de l’air et du feu. D’un autre côté, ce que manifeste dans toute sa splendeur la basilique, c’est qu’elle est un puits de lumière. Elle met l’homme en relation directe avec le Divin, les pieds sur terre et la tête dans les étoiles… ce qui explique l’expérience mystique d’un Maurice Clavel dont la vie s’est transformée à Vézelay, ou d’un touriste lambda qui ne ressortira plus jamais comme il y est entré.

Des lieux comme Vézelay, Chartres et bien d’autres encore, y compris des lieux de pleine nature comme Stonehenge ou la forêt de Brocéliande, favorisent un accès direct à la transcendance, car ils incarnent le divin et sont un point de rencontre et d’harmonie entre la terre et le Ciel. Ceci signifie que les lieux sacrés sont des outils de transmutation de l’âme. A travers l’arbre vivant, à travers la pierre de taille on vient y chercher la pierre cachée, la pierre philosophale des alchimistes qui transmue l’être et élève ses vibrations jusqu’au Divin.

Les lieux sacrés sont le résultat d’une alchimie complexe : une configuration tellurique particulièrement favorable et la main de l’homme, celle des bâtisseurs, leurs secrets, l’harmonie qu’ils savaient mettre en toute chose, tout comme la paix de l’âme. Ces lieux sont sacrés également de par leur sacralisation, c’est à dire les rites religieux ou non, mais toujours de haute vibration, qui les ont ancrés dans la terre et ceux qui y ont été pratiqués de siècle en siècle. Ils sont une manifestation de l’âme du monde. Ils incarnent, de façon presque intemporelle, le Divin.

Souvent à la rencontre de courants telluriques importants qui parcourent la Terre, et puits de lumière en provenance du ciel, les lieux sacrés sont des points de convergence durables et importants de l’histoire humaine et de sa rencontre avec le Divin.

Les objets sacrés

Parlons maintenant des objets sacrés. Les objets sacrés le sont, car ils sont l’image, ou la métaphore, d’un principe qui les dépasse. Objets transitionnels vers un principe supérieur, ils deviennent objets de transcendance. Ils peuvent être sacralisés par leur histoire ou avoir été sacralisés par des rituels.

A un niveau simple, ce peut être un objet qui évoque le sacré ; sacralisé par le sentiment qu’il inspire, par la personnalité subtile des êtres qui l’ont possédé et qui s’y retrouve pendant longtemps. Il devient alors sacré par son histoire : une bague ayant appartenu à un personnage mythique, le manuscrit original d’un grand écrivain, un tableau de maître… et bien d’autres encore.

Objets directement sacrés, les statues de divinités, en tant que symbole, permettent de toucher du doigt la réalité de l’incarnation, c’est-à-dire, la réalité spirituelle à laquelle elles renvoient. Ainsi, par exemple, une statue du Christ évoque directement la réalité spirituelle que constitue le Christ, qui est elle-même symbole de la Nature Divine. Transcendée par l’acte de prière et par la Foi, la perception de la réalité de la nature spirituelle du Christ permet de se rapprocher de la Création à travers cette réalité d’Amour universel qu’incarne le Christ. Il en va de même pour les symboles relatifs à toutes les religions.

Ainsi pour toute chose et tout être, de son état d’Incarnation au retour à l’Etre immanent,  la matière et les différents niveaux de l’esprit ressemblent à des ricochets que ferait une pierre lancée du bord d’un lac pour atteindre l’autre rive. Chaque étape transcendant le niveau précédent pour se rapprocher du but ultime, c’est-à-dire pour se rapprocher du retour à la Lumière primordiale qui a précédé le Chaos.

La sacralisation

Lorsqu’une statue a été sacralisée par un rituel, elle permet une mise en relation d’autant plus puissante.

Mais qu’est-ce donc qu’une sacralisation ? C’est d’abord une intention, un désir de faire descendre le divin dans un lieu ou dans un objet. Ce désir est soutenu par un rituel, des mots et des gestes spécifiques. Ces mots et ces gestes spécifiques appellent des entités immatérielles qui, en illuminant cet objet ou ce lieu, y font pénétrer un peu de la substance divine. Il va sans dire également qu’avec un rituel suffisamment puissant et ancré dans une tradition, ces entités vont protéger durablement cet objet ou ce lieu. Sauf si le rituel est défait et que les entités sont renvoyées. Mais ceci est un autre débat.

Le principe Eternel, de trop haute vibration, ne se manifeste pour ainsi dire jamais directement sur terre. Tout simplement parce que, sauf fulgurance soudaine et inattendue, il ne le peut pas. Les vibrations de notre planète sont trop basses, trop matérielles pour le feu divin. Il lui faut des intermédiaires. Les hiérarchies angéliques, porteuses des forces convoquées par tout  rituel de haute vibration, sont les intermédiaires quasiment systématiques de toute opération de sacralisation ; que l’opérateur en soit conscient ou non.

Il arrive cependant que le feu divin se manifeste directement. Il produit alors des expériences mystiques. C’est ce que la tradition appelle la voie directe et l’alchimie la voie brève, qui est l’alchimie spirituelle. Il est dans ce cas radicalement et définitivement transformateur.

L’espace sacré

Un lieu peut être sacré, un espace peut être sacralisé, c’est à dire qu’on y convoque un égrégore dans un lieu soit favorable sur le plan tellurique, soit énergétiquement neutre. Si ce lieu a été consacré et ancré dans la terre par un rituel spécifique, s’y attache alors une certaine pérennité. Il n’est pas sacré par lui-même mais il devient favorable à la définition ponctuelle d’espaces sacrés.

Quant aux lieux choisis par exemple pour célébrer une cérémonie, ils sont sacralisés temporairement par un rituel spécifique. Cette phrase peut sembler particulièrement hermétique, mais c’est en fait très simple. Par exemple, lorsqu’une cérémonie religieuse, spirituelle est organisée en plein air, il est nécessaire pour que cette cérémonie ait lieu dans de bonnes conditions, de déterminer un espace sacré. On y convoque des entités par la prière ou le rituel, entités qui seront ensuite renvoyées à l’issue de la cérémonie, pour que le lieu retrouver son énergie originelle.

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Le tourisme spirituel : tour d’horizon

Qu’est-ce que le tourisme spirituel ?

Il s’agit d’une démarche qui n’a que peu de lien avec la religion et un cultive un lien véritable avec le développement personnel et une quête de spiritualité : à travers les symboles, la méditation, l’accès direct au divin.

Il peut s’agir :

  • pour les formes les plus classiques (sans toutes les citer) :
  • de la visite d’un lieu saint (Par exemple la ville de Jérusalem, le Mont Saint Michel ou un monastère Tibétain),
  • de partir en pèlerinage (par exemple les chemins de Saint Jacques de Compostelle),
  • d’effectuer une retraite dans une abbaye ou un monastère
  • Pour les formes moins classiques :
  • d’aller pratiquer la méditation sur l’Hymalaya
  • visiter un lieu mythique ou mystérieux (par exemple, la forêt de Brocéliandre, ou bien Rennes le Château)
  • aller se ressourcer dans le désert
  • suivre un stage d’apprentissage du chamanisme

Le point commun est la découverte de lieux chargés de mystères ou d’énergie tellurique, qui permettent de se ressourcer et donnent aux vacances, l’allure d’une pause hors du temps. Vous visitez un lieu sacré, un désert, une grotte… soudain, la Lumière !  Les congés prennent alors un tout autre sens.

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Symbolique du nombre Trois

Dans la série symbolique des nombres, voici un texte sur le nombre Trois

Sur le plan mathématique, les nombres servent à dénombrer. Ce sont des unités singulières entretenant entre elles des rapports arithmétiques et algébriques, sur une échelle située entre plus l’infini et moins l’infini. Le chiffre, est la graphie qui désigne la réalité mathématique que figure la notion de nombre. Le nombre est un concept, le chiffre un symbole graphique de la réalité mathématique à laquelle il renvoie.

Sur le plan occulte on rencontre un peu la même opposition : les nombres sont des êtres et les chiffres leurs habits. Pour Gérard Encausse, les nombres sont les intermédiaires entre le plan visible et le plan invisible. Ils structurent le monde sur le plan occulte, sur une échelle allant de l’esprit à la matière, le nombre Un représentant l’esprit, l’essence de la lumière spirituelle. Tous les nombres émanent de lui.

L’univers à ses débuts, peut être vu comme un grand nuage, une intense concentration de lumière spirituelle emplie d’Amour et de Connaissance, les raisons d’être de l’Existence. Mais pas un souffle, pas une action dans ce monde sans mouvement, rien d’autre que l’Etre au sens plein du terme, c’est-à-dire une plénitude d’existence auto-suffisante.

Ce nuage est un contenant, un contenant plein, possédant en son sein toute la puissance de la vie, de la vitalité, à la source de la notion des contraires, de l’opposition entre Bien et Mal, Blanc et Noir, contenant également les germes du gris, mais sans dualité aucune, car il Est, au sens plein du terme et contient toutes les propriétés de la Vie, de l’esprit et de la matière fondues dans un seul moule.

Il faut imaginer la notion d’un tout, qui sur le plan symbolique pourrait être confrontée au concept figuré par le nombre Zéro. Zéro n’est rien, mais sa représentation formelle est 0+-. La force et le pouvoir de cette entité qui contient l’univers potentiel, est assimilable au concept véhiculé par le nombre zéro : Zéro figure le Néant. Il n’a besoin d’aucun mouvement, aucune énergie créatrice, car il Est le Tout. Sa non existence est évidente dans la mesure ou il Est existence auto justifiée. Tout comme Zéro, l’univers à ses débuts a intégré toute l’échelle des valeurs positives, négatives et intermédiaires. Zéro est semblable aux trous noirs dans l’univers : ils existent réellement, bien qu’ils semblent être la négation de l’existence et figurent également son mystère, car ce qu’ils aspirent semble perdu à jamais pour le monde de formes dans lequel nous évoluons.

Ce qui est venu donner l’impulsion de la Création, nul ne le saura jamais, car entre la Création et le Néant il y a l’impulsion de la Vie, le temps étant une conséquence directe de cette impulsion. Et entre la Création et l’impulsion de cette dernière, figure la notion de Volonté, à la source du Verbe, sans laquelle rien ne se crée. L’Existence primordiale fut un jour soumise à l’impulsion de la Volonté. Elle vint lui donner un sens, un but. Assumant auprès d’elle le rôle de l’ange gardien, elle changea le potentiel en devenir. L’Existence primordiale devint alors Création, une lumière rayonnante, environnée d’Amour et de Connaissance. Et pour revenir à la notion de nombre, on peut alors dire que la volonté primordiale a changé Zéro en Un, point de départ de la Création des univers visibles et invisibles. Cette trinité lumineuse, faite d’Amour, de Connaissance et de Volonté se situe à la source de l’Un.

Comparable à Mephistopheles, le Deux figure l’opposition des contraires qui établit des distinctions incessantes. Cependant, l’unité radicale ne se dédouble que pour se reconstituer trinitairement. Autrement dit, le Deux révèle le Trois, le ternaire n’étant qu’un aspect plus intelligible de l’Unité. Ainsi dans la dialectique, du choc de l’affirmation et de la négation, naît la synthèse, expression conceptuelle de la liberté.

« Le nombre 3 », nous dit Lacuria, cité par Gérard Encausse, « est le retour à l’unité, qui semblait brisée par le nombre 2. C’est en unissant le Fils au Père que l’Esprit Saint se réalise ; c’est pourquoi il peut être considéré comme l’efflorescence de l’unité. Il émane d’elle directement, participe à sa vertu, et exprime la paix et la béatitude. Sous un aspect, le nombre 3 renferme l’être tout entier, et peut être considéré comme le premier développement de l’idée de l’être, qui était une dans son principe ». Il ajoute que sur le plan de la création, « ce nombre a de nombreux reflets, dans les fluides, dans les couleurs et dans les formes ».

Le mystère de la Trinité, s’applique universellement et permet d’opérer, de façon non exhaustive, loin s’en faut, les rapprochements suivants :  dans le Christianisme, la divine Trinité est constituée du Père, du Fils et du Saint Esprit, les trois principes des alchimistes sont le Soufre, le Mercure et le Sel, et la Triade divine en Egype est constituée par Osiris, Isis et Horus.

Tournons maintenant notre regard vers l’Egypte, ou nous évoquerons l’exemple de la Triade divine, constituée par Isis, Osiris et Horus. La légende dit que Isis, recueillit les morceaux du corps de son époux défunt Osiris, après que Seth l’eût privé de vie. De leur union dans la mort naquit un fils : Horus.

Isis aidée par Nephtys et Toth insuffle à Osiris, le souffle vital qui de la mort, fait surgir la vie, des ténèbres, la lumière, provoquant ainsi la résurrection spirituelle du Dieu défunt qui renaît alors à l’esprit. Osiris triomphe des ténèbres de l’esprit, grâce à l’action conjuguée de la force, de la sagesse et de la beauté.

Denis Labouré nous explique comment Franz Cumont, résume le rituel de la résurrection d’Osiris. « Dès l’époque de la XIIe dynastie, on célébrait à Abydos et ailleurs une représentation sacrée, analogue aux mystères du moyen âge, qui reproduisait les péripéties de la passion et de la résurrection d’Osiris. Nous en avons conservé le rituel : le dieu, sortant du temple tombait sous les coups de Seth. On simulait autour de son corps les lamentations funèbres, on l’ensevelissait selon les rites ; puis Seth était vaincu par Horus, et Osiris, à qui la vie était rendue, rentrait dans son temple après avoir triomphé de la mort ».

Selon le rituel célébré à Abydos, Osiris triomphe de la mort matérielle pour connaître la résurrection et revenir dans le temple, grâce à l’action conjuguée d’Isis et de son fils Horus. Ainsi pour la seconde fois dans le mythe égyptien, l’action de deux forces vives sur un troisième être fait surgir la lumière. Ainsi l’action au sein d’une trinité renvoit-elle inlassablement vers le principe unique qui les contient tous. La naissance du quaternaire au sein de la trinité renvoie vers l’unité.

Selon le rituel d’Abydos, la résurrection d’Osiris par sa veuve, Isis, grâce à la force d’Horus, issu de l’union du principe féminin et du principe masculin unis dans la mort, signe le triomphe de la lumière sur les ténèbres.

De l’union des contraires dans le principe binaire, naît le ternaire. De l’action du ternaire naît un quatrième élément par lequel se produit le retour au principe unique qui fait surgir la lumière. C’est en s’appuyant sur la force que lui confère la trinité biblique, fondement de sa foi, que le gnostique accède à la sainteté par la Gnose et en s’appuyant sur les trois véhicules, que le lama accède à la bouddhéité par la méditation.

Mais en tant que symbole la Trinité divine, les trois lumières ou les trois véhicules sont objet transitionnel, nécessaire incarnation d’une réalité supérieure à ces symboles et que l’acte de méditation ou de prière lui-même, motivé par la Foi, permet de transcender, au travers de l’union des trois essences primordiales que constituent ces Trinités. En ceci, la Foi est donc étincelle nécessaire qui permet la Transcendance, c’est à dire l’évolution verticale vers la perception de la Nature Divine.

Pour Jean-Pierre Bayard, « la construction du temple reste un concept d’harmonie ». Il ajoute un peu plus loin : « Il doit y avoir accord entre l’univers, le temple et le corps humain. Ces proportions sont visibles dans les monuments égyptiens et plus particulièrement dans celles de la Grande Pyramide ». Ainsi, le rapport, de la hauteur de la pyramide de Kheops, par sa demi-base, serait le nombre d’or. La pyramide est constituée de quatre côtés, soit quatre triangles formant un édifice en trois dimensions et un sommet qui renvoie vers le ciel. De par sa structure tout à la fois ternaire, quaternaire et unaire, elle est un modèle d’harmonie qui transcende à la fois le temps et l’espace.

 

 

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L’amour

Qui donc es-tu, ami qui éclaire mon âme en quête de devenir ?  A travers le voile d’Isis je perçois en filigrane la multiplicité des couleurs du monde, dans les accents de l’hymne à la joie j’accède en un éclair à l’épanouissement lumineux d’une force qui dépasse l’entendement, qui pourtant trouve sa place très naturellement dans la douceur confiante du sourire d’un enfant. Qui donc es-tu, feu dévorant qui terrasse sans anéantir, qui consume sans jamais brûler ?

Eternel rayonnement visible d’un centre invisible, je suis celui qui Est. Ne me cherche pas dans les replis de ton âme, il suffit d’y laisser s’épanouir la lumière. Ne pars pas à ma recherche sur les sentiers battus des éternels chemins de pierre, je suis dans le pistil de la fleur ; Lâche prise et regarde vers le ciel, de ta quête, je suis l’inextinguible étoile. On me dit passion, je ne suis que Lumière, on me croit parure, je ne suis que Beauté. On me dit feu dévorant, je suis Harmonie Universelle. Dans le miracle de la vie je suis la force qui unit.  On me nomme Amour. Et cet amour, Amour universel dont nous sommes tous dépositaires, fait que nous procédons du même miracle de vie, sommes tous partie prenante du grand mouvement céleste et de l’univers qui lui a donné naissance.

Rayonnement visible d’une force invisible, l’Amour éclaire l’âme comme le feu céleste manifeste sa chaleur en ce monde par le rayonnement du soleil qui lui donne la vie.

Qui sommes nous? D’où venons nous? Qui nous a créés? Existe-t-il une force créatrice, ou une conscience qui se situe à la base de tout, à la base de l’Univers? La vie est le grand miracle de l’univers et les interrogations des hommes perdureront tant qu’il y aura matière à s’interroger sur nos origines et tant que le doute et la curiosité seront les moteurs qui nous poussent à rechercher toujours plus loin les origines de notre univers. Chacun apporte sa pierre à l’édifice. Chaque être en ce monde est le dépositaire plus ou moins conscient de l’amour universel. Chaque particule de matière possède en elle une étincelle divine et la marque profonde de ses origines. Dans ce grand tout qui nous relie les uns aux autres, chaque être fait son chemin, chacun s’exprime à sa manière et tout être mérite a priori respect et amour par le simple fait de son existence qui le relie au grand miracle de la vie, en fait de lui un acteur unique et potentiellement beau.

Mais ce n’est pas tout, même si cela est déjà beaucoup. Lorsque se lève le feu de l’âme, l’amour devient prière, mode de perception, faculté à se projeter dans une vacuité silencieuse et contemplative. L’état contemplatif naturel qui nous projette dans une autre dimension, celui ce que les bouddhistes appellent “demeurer dans la nature de l’esprit”, donne une autre vision de la réalité, comme les facettes multiples et multicolores d’un diamant de couleurs diffuses. La réalité prend alors une forme différente selon la facette par laquelle on aborde ce précieux kaléïdoscope. Hier je suis sortie dans la rue… en bas de chez moi… un souffle… une odeur… un rayon de lumière… Je me souviens. Me voici projetée dans une autre réalité. C’est l’éternel recommencement de la madeleine de Proust. Et lorsque la réalité qui surgit est une réalité contemplative, la vie alentour revêt un tout autre aspect.

Il y a, nous le savons tous, divers types d’amour. Celui que la mère éprouve pour ses enfants, ses parents, l’être qui partage sa vie est si fort et si profondément lié à l’affectif, qu’on ne saurait imaginer espérer mieux pour combler une vie humaine. L’Amour humain c’est aussi l’union de deux êtres qui témoignent d’un échange de lumière, la perpective de deux corps qui s’entrelacent pour ne former qu’une seule respiration, un seul corps, une seule chaire, une seule âme.

Pourtant, l’Amour désincarné, la proximité de l’Eternel, est si englobant, si universel qu’au retour à la vie humaine, tout cet amour qui avait semblé constituer ce qu’on pouvait espérer de mieux dans une vie, toutes les valeurs autour desquelles on organisait sa vie sont en quelque sorte revues, redimensionnées à l’aune de cet insurpassable Amour Divin qui les englobe toutes. Cela ne veut pas dire que les valeurs incarnées par l’amour humain ont moins d’importance. Non, au contraire l’amour humain s’insère alors dans un grand tout qui lui confère sa véritable dimension.

L’amour vécu et ressenti avec la puissance de l’Amour Universel engloble tous les êtres, il s’étend à l’ensemble de l’humanité, à la Création tout entière. La parcelle divine qui est en nous vient alors solliciter, rechercher sans relâche chez l’autre, chez l’être vivant, cette même étincelle, cette même parcelle d’Amour qui fait que nous procédons tous du même rayonnement, de la même nature céleste. Nous sommes tous parcelle du grand Tout, bien que soumis à semblable illusion qui nous voile la nature profonde de cette âme qui n’appartient qu’à Dieu, divine étincelle, rayonnement de poussière d’étoile.

De ce fait, pour qui se sent proche de l’Eternel, le but essentiel de la vie s’articule autour du désir de solliciter sans cesse cette étincelle divine par la prière. Prière pour l’âme du monde, prière adressée à un Dieu universel et sans nom qui relie la grande fratrie de l’humanité à l’univers tout entier. Prière pour les âmes en détresse qui sont encore loin sur le chemin, prière pour les aider à trouver le chemin de la lumière, pour les aider à retrouver le chemin de l’éternité. La solitude est un mythe, une illusion. C’est une des illusions les plus tenaces inventées par les hommes pour assurer la survie de leur ego. Ce pauvre ego qui craint de se perdre, de mourir, de disparaître tout simplement en se fondant dans le creuset de l’Amour originel. Non, la solitude n’existe pas. C’est un leurre, un mirroir aux alouettes, l’arme la plus efficace brandie par les âmes qui se nourissent de leur propre détresse pour continuer à exister dans un monde instable basé sur les impulsions et la satisfaction du désir immédiat.

Cet Amour dans lequel s’âbime l’âme illuminée par la puissance de l’union mystique dépasse toute poésie. Il transcende les frontières de ce monde pour réaliser le plein éclat de la lumière. L’âme qui a reçu la lumière, devient à son tour miroir, simple mais intense relais de la lumière céleste dont elle n’est pourtant que le reflet ; et l’ensemble des reflets unis dans la grande fraternité humaine à travers les âges, crée un lien invisible et indéfectible qui les relie tous.

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