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La Foi

soleilQu’est-ce que la foi ? A l’heure actuelle il devient de plus en plus difficile d’évoquer ce délicat sujet. Difficile de l’évoquer certes, dans une société essentiellement matérialiste et tournée vers l’absence de foi et les acquis matériels, mais inévitable de la vivre en profondeur, lorsqu’elle est soutenue par un vécu profond. Ce vécu profond de la foi c’est d’abord un élan essentiel, un moteur de vie, le feu divin qui propulse vers la lumière.

Sur le plan initiatique, la foi est l’une des trois vertus théologales consécutives à la grâce. Les deux autres sont l’espérance et la charité. Elle est liée à la notion de révélation.

Dans une vie tournée vers le matériel, la foi est à la fois souffrance et déchirement, car la croyance consécutive à la grâce est passion. C’est alors comme une épine qu’on enfonce dans la peau. Un clou, qu’on enfonce dans le cœur. C’est la couronne d’épines, dont les pointes acérées se plantent partout dans votre corps, comme pour le mieux transpercer de leurs larmes amères. Avez-vous jamais cueilli une figue de barbarie ? L’expérience en vaut la chandelle. Une chandelle qui vous brûle par tous les pores de la peau, comme pour mieux vous sensibiliser à la nature profonde de la douleur, jusqu’à ce que le fruit explose enfin entre vos doigts pour épandre avec générosité son miel concentré entre vos chairs lacérées. C’est la dure loi des apparences de l’amour voué à être flagellé. Crucifié.

Est-il simplement possible de parler de la foi, de cerner ce sujet ? La foi, en effet, n’est pas le fait d’un travail sur soi, ni d’une quelconque réflexion d’ordre intellectuel. Elle EST, tout simplement ; comme une réalité ultime qui s’impose par la grâce à l’être en devenir, sur le chemin de la vie. Bien vécue, la foi est un engagement sur le chemin de dieu, le fil rouge qui relie à la lumière. Elle est aussi paradoxalement et malgré son aspect irréel, un principe de réalité, qui entraine l’être dans une transformation constante de la réalité, une co-naissance sans fin, comme le mouvement perpétuel de la vie. Elle cesse d’être souffrance lorsque le don de dieu est aussi don à dieu, lorsque l’être se met au service de sa lumière et accepte d’en être la manifestation sur terre.

La foi est intimement liée à l’expérience personnelle. Elle peut être une foi raisonnée, le résultat d’un pari, à la façon dont l’explique Pascal, qui engage sur un chemin. Mais il s’agit alors d’un chemin qui predispose éventuellement à la grâce, mais pas de la foi proprement dite.  Elle peut aussi être totale, la manifestation d’un don de dieu, d’une illumination qui ne laisse aucune place au doute. Lorsque l’être reçoit Dieu en recevant l’Amour, de façon directe, totale et sans l’ombre d’un doute ni d’une ambiguïté, il reçoit également la Foi en Dieu. Une Foi qui tout comme l’Amour, se passe des mots et exclut en effet toute forme de doute. Elle dispose l’être à accueillir Dieu dans sa plénitude.

Lorsque l’être a reçu Dieu, il n’est plus de retour en arrière possible. La foi en Dieu arrache alors l’être au monde matériel, l’obligeant presque malgré lui à se fondre dans la lumière. Mon Dieu, pourquoi m’as tu aimée crie alors l’âme en proie aux tourments de l’amour divin ? C’est le lot de cette passion qui brûle sans consumer. C’est le lot de cet amour, finalité ultime de l’existence, inestimable joyau remis à une virginale épousée et qui, faisant ressortir tout l’éclat de sa beauté, l’irradie de l’intérieur, pour enfin lui permettre d’exister, apaisée. C’est la loi de celui qui donne sans compter, qui offre sans jamais rien demander. C’est le lot de celui qui n’a pu qu’accepter, ayant reçu sans mot dire, sans parole prononcer, le feu sacré de l’amour divin crucifié, puis enfin, transcendé.

La foi ne se vit pleinement qu’à travers l’acte de prière, de méditation, de communion intime avec l’Eternel, qui seule confère à l’âme sa véritable identité. La passion du Christ, passion intime. C’est l’amour interdit. A la frontière entre l’enfer et la béatitude c’est le don ultime de l’Amour, voué aux turpitudes d’un univers de souffrance, qui sacrifie tout à l’insoutenable loi des apparences.  L’âme qui a vu la lumière est confrontée à un choix ultime entre lumière et matière, liée à son incontournable état d’incarnation. Elle sent également la compassion et la présence bienveillante de l’éternel en elle. C’est alors qu’intervient la nécessité du travail qui fera du croyant un initié, qui, parvenu à opérer en son être la nécessaire réconciliation entre l’esprit et la matière met volontairement sa force au service de la lumière et de la création.

“Je demande à Dieu que sa volonté soit faite. Je souhaite demeurer près de Dieu en tous moments de ma vie. Je ne demande rien à Dieu. J’éprouve simplement le désir, le besoin profond et de chaque instant de me retrouver en lui, de le retrouver en moi. Cette interpénétration, cet échange de pureté, le besoin total et absolu de me sentir pénétrée du flot de l’esprit sans limites temporelles ni physiques, à chaque instant de ma vie, s’est insinué en moi jusqu’à devenir partie intégrante de mon être. Je ne demande rien d’autre à la création que d’exister en moi et de me laisser exister en elle. Pour toucher à l’essentiel…

Toucher à l’essentiel… Est-ce là le sens de la prière ? simplement permettre à l’être d’être, d’exister en Dieu et à travers Dieu… en lui et à travers lui… Je ne demande rien d’autre à l’existence, rien d’autre à la création. Rien d’autre que cette plénitude de chaque instant. Pour maintenant et pour l’éternité. Je ne puis voir les choses autrement”.

La prière selon Sedir

Né en 1871, Sédir (Yvon Le Loup de son vrai nom) était un mystique et ésotériste français. Nombre de ses ouvrages sont consacrées à la mystique chrétienne.
Il fut évêque de l’église Gnostique de Jules Doinel. Proche de Papus il devint également martiniste et rosicrucien et fut membre du suprême conseil de l’ordre Martiniste de Papus. Dans les années qui suivirent sa rencontre avec Maître Philippe de Lyon, Sédir choisit d’abandonner progressivement toute démarche initiatique pour se consacrer uniquement aux évangiles.
Il nous livre dans le texte ci-dessous sa conception essentialiste de la prière comme une communion constante des êtres et de la Nature avec l’Eternel.   
La prière

     La prière est l’entreprise la plus difficile qui puisse être proposée à l’homme. Cependant tout prie autour de nous : la pierre qui mûrit dans les ténèbres de la mine ne cherche-t-elle pas le jour ? La plante ne perce-t-elle pas le mur pour trouver la lumière ? Les bêtes s’arrêtent devant le soleil une fois au moins par jour ; l’océan se soulève régulièrement à la rencontre des effluves séléniques qui le revivifient ; tous, ils demandent à la Nature l’entretien de leurs forces. L’athée prie, puisqu’il travaille ; le démon prie, puisqu’il convoite ; le caillou, puisqu’il s’efforce vers le cristal. Les peuples désirent le bonheur, les planètes aussi en S’inclinant sur leurs pôles ; notre intelligence elle-même n’est si vaste que parce qu’elle a beaucoup demandé. Est-ce à dire que chacun de ces êtres demande comme il faut ? Non ; la création tout entière est imparfaite ; mais elle a le sentiment de cette impuissance, et le pressentiment d’une stase plus haute.

     Tout acte est une demande ; et tout être agit nécessairement, puisqu’il vit. Un résultat ne s’obtient pas à cause de notre volonté, mais parce qu’en travaillant à sa réalisation, nos énergies, les plus physiques mêmes, désirent et espèrent le succès.

     Parmi les créatures, c’est l’homme qui refuse le plus souvent de reconnaître cette loi ; et c’est pourtant surtout à lui qu’elle s’applique. J’espère vous montrer combien une telle conduite est déraisonnable.

     Comprise dans sa dignité réelle, la prière est un désir du Ciel et une conversation avec Dieu. Elle est une grâce et la source des grâces ; elle est une graine dans les terres de l’éternité, une œuvre plus précieuse que tous les chefs-d’œuvre, plus grande que le monde, plus puissante, pourrait-on dire, que Dieu Lui-même. Ne vous étonnez point, nous quittons ici les royaumes policés de la raison, nous sommes dans les forêts luxuriantes de l’Amour. Faites taire l’intelligence ; ouvrez les fenêtres du cœur ; contemplez les champs infinis des collines éternelles. Que ne puis-je vous les rendre visibles !

     Deux mouvements se produisent dans la prière. Le désir s’humilie, s’exalte et se réfugie dans la miséricorde divine qui est le Christ ; la grâce lui répond, s’efforce et se laisse dévorer par lui. Ces deux sont la forme mystique de la foi ; et plus le désir s’enfonce dans l’abîme d’humilité, plus il attire la grâce ; plus notre cœur se nourrit, plus le Verbe se développe au fond de nous.

     La prière est l’élan de notre personnalité vers l’Absolu. Elle s’abandonne au Père, elle se jette dans Ses bras, elle converse avec Lui, mais sans paroles ; elle n’use pas l’intellect ; c’est le cœur qui a enfin touché son complémentaire total, qui s’étonne, défaille, meurt et renaît, dans une béatitude infiniment croissante.

Tsimtsoum : l’Homme et le Big-Bang Divin

« Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu.oeil de dieu
Il était au commencement avec Dieu.
Toutes choses furent faites par Lui et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui.
Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
Et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point saisie ».
L’univers à ses débuts, peut être vu comme un grand nuage, océan de lumière infinie, intense concentration de lumière spirituelle, emplie d’Amour et de Connaissance, les raisons d’être de l’Existence. Mais pas un souffle, pas une action dans ce monde sans mouvement, rien d’autre que l’Etre au sens plein du terme, c’est-à-dire une plénitude d’existence auto-suffisante. Ce nuage est un contenant, un contenant plein, possédant en son sein toute la puissance de la vie, de la vitalité, à la source de la notion des contraires, de l’opposition entre Bien et Mal, Blanc et Noir, contenant également les germes du gris, mais sans dualité aucune, car il Est, au sens plein du terme et contient toutes les propriétés de la Vie, de l’esprit et de la matière fondues dans un seul moule.
Il faut imaginer la notion d’unTout, qui sur le plan symbolique pourrait être confrontée au concept figuré par le nombre Zéro. Zéro n’est rien, mais sa représentation formelle est 0+-. Zéro figure le Néant. Il n’a besoin d’aucun mouvement, aucune énergie créatrice, car il Est le Tout. Sa non existence est évidente dans la mesure où il Est existence auto justifiée. Tout comme Zéro, l’univers à ses débuts a intégré toute l’échelle des valeurs positives, négatives et intermédiaires. Zéro est semblable aux trous noirs dans l’univers : ils existent réellement, bien qu’ils semblent être la négation de l’existence, mais figurent également son mystère, car ce qu’ils aspirent semble perdu à jamais pour le monde de formes dans lequel nous évoluons.
Ce qui est venu donner l’impulsion de la Création, nul ne le saura jamais, car entre la Création et le Néant il y a l’impulsion de la Vie, le temps étant une conséquence directe de cette impulsion. Et entre la Création et l’impulsion de la Création, figure la notion de Volonté, à la source du Verbe, sans laquelle rien ne se crée. L’Existence primordiale fut un jour soumise à l’impulsion de la Volonté. Elle vint lui donner un sens, un but et changea le potentiel en devenir. L’Existence primordiale devint alors Création, une lumière rayonnante, environnée d’Amour et de Connaissance. Et pour revenir à la notion de nombre, on peut alors dire que la volonté primordiale a changé Zéro en Un, point de départ de la Création des univers visibles et invisibles. Cette trinité lumineuse, faite d’Amour, de Connaissance et de Volonté se situe à la source de l’Un.
Le Verbe, divine volonté, Logos créateur était à la fois en Dieu et avec Dieu. Par l’action du logos créateur, l’énergie universelle s’est incarnée dans l’homme, qui tel une coupe porteuse de l’action créatrice, s’est fait vie. En recevant la vie l’homme a choisi d’assumer la responsabilité de l’étincelle divine qui lui était confiée.
La science du Verbe ne désigne-t-elle pas ce qui nommé, ce qui conduit à la Connaissance ? Une Co- Naissance grâce à laquelle le Verbe créateur, obéissant à l’injonction divine, « Que la lumière soit » a commencé, au travers d’Adam. Ceci est advenu lorsque le premier Homme a nommé les êtres pour leur donner vie. Nommer n’est-ce pas  faire venir à la conscience, faire acte de création ? Ce lien intime entre l’homme et la création, c’est le Verbe, qui par l’action, met le monde en mouvement, donnant naissance à l’univers et sa cohorte de créatures ayant reçu leur part de lumière en partage. Par sa faculté de nommer, l’homme, après avoir introduit le langage dans le monde, prend son indépendance.
Consubstantiel au Père, manifestation trinitaire de la volonté divine, le Verbe, grâce à la puissance de l’esprit anime le monde, préparant ainsi le difficile chemin de Celui qui vient, Verbe devenu chair.
A travers l’homme, Dieu s’est retiré pour laisser place à la vie, grâce au Tsimtsoum créateur… pour donner corps à la lumière, donner vie à un improbable ensemble de créations à l’image et à la ressemblance de l’harmonie universelle. Ain sof, lumière infinie a ainsi fait place à Ain Sof Aor, lumière des hommes. Notre chair qui conserve en son sein la mémoire du souffle originel, étincelle divine ayant donné corps à la création, travaille au retour à l’unité primordiale sous l’impulsion de la conscience.  S’ouvrir à la lumière c’est évacuer la part de ténèbres qui est en nous. Ceci nous fait considérer avec d’autant plus de responsabilité la part du travail symbolique, qui concourt à évacuer les ténèbres, rendre légère la partie la plus lumineuse de notre âme, en communion intime avec le divin.
Mais le chemin est semé d’embûches car dans un monde fait de dualité le Verbe, en tant que lumière est constamment confronté et opposé aux ténèbres de l’erreur. La lumière cependant dissipe les ténèbres. Pour s’orienter dans la nuit ne suffit-il pas de suivre la lueur qui brille derrière le voile ?
Les ténèbres, impitoyable jeu des apparences qui fait danser les ombres telles des spectres au fond de la caverne, prennent leurs racines dans la peur. Notre pauvre ego, se prend au jeu de la danse des spectres qu’il confond avec la finalité de son incarnation, construisant au fil des existences une identité illusoire, faite de voiles de souffrance qui puisent leur source au cœur des ténèbres. Lorsque la volonté entame le travail, la conscience, peu préparée, s’enferme dans les voiles du dogme. Cherchant à croître, elle finit par se prendre, telle l’ange déchu, pour l’origine de toute chose, plutôt que de choisir d’assumer le difficile bonheur d’être une parcelle en mouvement du grand tout. Pourtant, étant absence de lumière les ténèbres ne peuvent saisir la lumière. Elles se contentent alors d’obstruer la vision de celui qui a choisi de se perdre dans les épaisses volutes d’un monde sans espoir.
Rendu aveugle par son désir de perdurer, l’être éphémère ne voit pas la lumière, mais il ne peut pour autant l’empêcher d’exister. Dans un mouvement désespéré de son ego malade il tente de l’enserrer, de la prendre en tenaille au cœur de la matière. Surgit alors la partie noire du yang, qui renferme l’étincelle divine, au centre de sa construction. C’est aussi l’espoir infini que suscite le germe en croissance, car les ténèbres peuvent se montrer créatrices. Il ne s’agit alors pas des mêmes ténèbres. Elles deviennent graine en germination dans le creuset de l’élément terre. Le message d’espoir passe par la responsabilisation progressive de la créature, mise en face de son créateur et qui lui fait prendre progressivement conscience de sa liberté fondamentale : celle de suivre le chemin de la lumière ou de lui préférer l’endormissement de la conscience.Celui qui choisit le chemin de la facilité fait en réalité le choix de subir l’angoisse d’une mort programmée et des souffrances d’une éphémère vanité.
Les ténèbres de la terre sont partie prenante du processus alchimique, qui décompose la matière pour la transmuter en lumière. C’est l’amorce du travail symbolique, de cette difficile alchimie spirituelle dont la vocation est de transmuer les symboles en lumière, faisant gagner à l’âme sa part de liberté bien méritée. Les ténèbres de la caverne, elles, jouent un jeu inverse, un jeu d’involution qui décompose encore plus la matière pour en accroitre la densité au sein du monde matériel comme du monde immatériel, car la nuit se fait lorsque le jour s’en va.
Mais la chute d’Adam est-elle chute ou simple obéissance à la volonté d’un démiurge créateur qui, en suscitant la brisure des vases lui a ouvert la porte d’infinis sans cesse renouvelés, qui appellent l’homme à la responsabilité et au travail ?
L’union du verbe et de la matière, l’informe qui prend forme, s’anime de vie, signe le début d’un long chemin fait d’obstacles, de travail et du bonheur de participer consciemment au grand mouvement de la vie universelle. La Lumière originelle dont une parcelle brille en chacun de nous contient en germination l’équilibre et l’épanouissement de tous les possibles. L’Homme alors amorce un mouvement, se redresse et se met en marche. Il commence le travail de retour à l’unité en interrogeant les tréfonds de sa conscience et de sa mémoire collective, animé par l’action créatrice, sur le chemin du retour à  l’unité universelle.

La cathédrale de Chartres et le Nombre d’Or

Le destin de l’humanité

Trônant majestueusement au milieu des plaines de la Beauce, poème vivant, lumière faite pierre, pierre faite prière, la cathédrale de Chartres est un vaisseau céleste à la gloire du grand Dieu vivant.

A la gloire du grand Dieu vivant, eau du puits des Saint-Forts, purifie notre esprit,

A la gloire de l’alchimie céleste, roses mystiques, transfigurez notre âme en quête de devenir,

A la gloire de la géométrie sacrée, âme des bâtisseurs, purifiez nos cinq sens,

A la gloire du Sublime Architecte des Mondes, mystères sacrés, élevez notre âme vers le mystère de la Foi ! Dévoilez-nous en lettres de feu le nom de Yod He Shin Vav He : Jeshua

 

Là où d’aucuns sortent leurs instruments de calcul pour évaluer les rapports sacrés, il n’y a en réalité que poésie, Amour et élévation ; Harmonie sacrée des cieux et de la terre ; Orgasme céleste né de l’union des étoiles et du tréfonds des courants telluriques de la planète bleue, Notre-Dame de Chartres est un chant éternel à la musique des sphères, une image terrienne de la Jérusalem céleste. Au-delà de toute raison établie, au-delà même du génie des constructeurs, Notre-Dame de Chartres personnifie l’harmonie universelle, exprime en une seule et unique note bleutée le son diaphane qu’émet l’arche céleste qui repose dans ses entrailles de pierre, propulsant vers les cieux une note unique qui les contient toutes, comme un chant sans fin à la gloire du Dieu éternel.

Du fond du puits druidique des Saint-Forts au plus profond de la crypte, jusqu’à la pointe de sa flèche,  Notre Dame de Chartres est une ode à l’architecture sacrée. Loin d’être un simple édifice sacré, un de plus, la cathédrale de Chartres revêt un tout autre mystère. Osons l’invraisemblable : Au 21ème siècle, la cathédrale de Chartres porte en ses flancs le destin de l’humanité.

La dédicace

Un mystère couve à Chartres. Commençons par le commencement…

A la source de l’édifice sacré, il y a la dédicace. La construction d’un temple initiatique, en effet, est fondée sur une dédicace, ou rapport sacré traduit en langue cabalistique par un homme particulièrement inspiré. La dédicace d’une cathédrale demeure toujours secrète. Ce sont les nombres de cette dédicace et leurs rapports qui détermineraient les proportions de l’enceinte sacrée et ses divisions harmoniques. Et à Chartres c’est loin d’être une simple affaire de mots.

Ajoutons que, conçue sur la base de ce rapport sacré la cathédrale de Chartres fut construite entre 1194 et 1220, en vingt-six ans, vingt six… soit la valeur numérique du Nom de Dieu en Hébreu.

Trois hommes pour une cathédrale

A l’origine de la cathédrale, nous dit Louis Charpentier, il y a le lieu qui est un don de la Terre. Puis viennent trois hommes. Le premier est l’inspiré de Dieu. Il profère la dédicace qui est, en langue sacrée, cabalistique, comme le reflet du Verbe en ce lieu.

Le second est un savant. Il résout en Nombres qui sont des rapports, les lettres et les mots de la dédicace, il donne le Nombre de ce lieu, qui est le rapport du lieu au monde et qui est la mesure.

Le troisième est le maître d’œuvre. Par lui les Nombres deviennent droites et courbes de matière, figures et proportions de pierre; poids et lancées d’ogives. Aux sages : le Verbe, aux savants, le Nombre, aux oeuvriers, l’Harmonie résolue en matière ».

Des vitraux alchimiques

En entrant dans la cathédrale, le visiteur est frappé par la lumière qui y règne. Mauves bleutés d’un autre monde, la maîtrise alchimique des maîtres verriers du Moyen Age touche son âme en quête de devenir.


Les vitraux de Chartres sont alchimiques.
Tous les vitraux de Chartres avaient un même but. Que la lumière pénètre dans les cœurs, manifestant à l’homme la nature divine de son âme dont elle opère inconsciemment la transmutation.Louis Charpentier parle du vitrail “vrai”, “soudainement apparu dans le premier quart du XIIème siècle et qui disparaît vers le milieu du XIIIème. Exactement comme le gothique… ” Une étrange coïncidence dont nous retrouverons des indices un peu plus loin.Il ajoute que “vitrail et alchimie sont inséparables et, comme le gothique vrai, le vitrail est un produit de la haute science. Le vitrail est un produit de l’alchimie”.A la suite de la construction de la cathédrale le centre du vitrail, initialement à Saint-Denis, s’installe à Chartres, ce qui est sans doute loin d’être un simple détail historique. 

L’architecture et l’étoile à sept branches

Les Tables sont trois, et leur nombre est 21 !

Construite à partir d’un Centre tellurique, une colonne dont tout est parti et qui fait le lien entre le monde d’en haut et le monde d’en bas, la cathédrale part d’un centre sacré ou “tête de la Wouivre”. Cette colonne qui détermine l’enceinte

du lieu  sacré est l’emplacement de la première table ou Table Mystique.

L’énigme traditionnelle des constructeurs dit que trois tables portèrent le Graal : l’une était ronde, l’autre carrée et la troisième rectangulaire. Toutes trois ont la même surface et leur nombre est 21.La table rectangulaire est la table mystique, celle de la cène, qui s’étend vers l’orient au-delà de la croisée des transcepts. Le chœur de Chartres est donc rectangulaire, c’est à dire d’un rapport de 2 à 1, la  proportion des temples égyptiens et grecs, celle du temple de Salomon aussi, qui a une diagonale égale à racine de 5. En ajoutant la largeur du rectangle à cette diagonale et que l’on divise cette nouvelle longueur par deux on obtient une longueur égale à racine de cinq + 1 divisée par 2, soit le nombre d’Or.Ici Louis Charpentier nous donne encore une clé :Le nombre d’or divisé par 0,618 + 1 est égal à son carré, c’est à dire 2,618 qui multiplié par douze dixième donne Pi, ce qui correspond à la constante permettant de trouver le périmètre de la surface d’un cercle dont on connait le diamètre. Or 12/10 ème est l’intervalle musical de tierce soit l’intervalle entre la gamme mineure et la gamme majeure. Ainsi la table rectangulaire contient la racine de la transformation d’une surface angulaire en surface circulaire, ce qui permet de déduire la surface de la table ronde de la table rectangulaire, c’est à dire en géométrie de construction, la fameuse quadrature du cercle.
De même façon est construite la table carrée à partir du grand axe de la table rectangulaire. Le calcul de la table carrée marque la limite des premiers collatéraux du chœur et mesure en mètres, 23,192, soit le dixième du côté de la base de la pyramide Chéops, ce qui signifie que la base pyramidale est cent fois celle des tables de Chartres, pyramide dont l’angle est de 51,25°, c’est à dire l’angle de l’étoile à sept branches qui donne à la cathédrale de Chartres tout son rythme. Cette étoile à sept branches, calculée avec la corde à nœuds des bâtisseurs, symbolise
pleinement l’incarnation, la descente de la trinité divine dans le quaternaire de la matière, la terre, vivifiée par le courant divin, qui est sous forme géométrique le symbole de la vierge noire, Notre Dame du pilier. 

Une clé de passage d’un monde à l’autre

La quadrature du cercle est cependant une espèce d’impossibilité géométrique que les constructeurs parviennent à résoudre par une approximation de la constante Pi et qui permet aux accords de l’édifice de ne pas être faussés. La recherche de cette harmonie est sans doute d’ordre initiatique, la manifestation dans le plan de l’incarnation d’une porte qui serait en quelque sorte une clé de passage d’un monde à l’autre.

Trois tables portèrent le Graal

La portée symbolique des trois tables calculées à partir de l’étoile à sept branches peut sembler obscure, car les trois tables, dit l’énigme traditionnelle, portèrent le graal. On retrouve ainsi la légende du vase sacré et Melchisédech est représenté au portail Nord de Chartres ou portail des initiés portant la coupe qu’il remit à Abraham d’où dépasse la pierre, qui n’est autre sur le plan alchimique que le vase de réception des énergies sacrées de transmutation.

A Chartres l’homme, le pèlerin devient vase, Etre incarné il est Graal vivant, qui reçoit  au cours de trois voyages les énergies que lui offrent les trois tables, à savoir, l’intuition, l’Intelligence et la Mystique. La première table, ou table ronde est le labyrinthe, table de transformation intérieure qu’il aborde par une danse. Ce labyrinthe ou dédale détermine la limite entre l’espace profane sur le parvis du temple à l’occident et l’espace sacré, qui mène à la table carrée, parcours d’intellect et de connaissance. La transformation intuitive réalisée par le pèlerin à l’issue de son passage à travers le labyrinthe le prépare à passer de l’initiation instinctive à l’initiation consciente, fondée sur le raisonnement. On y retrouvera là certaines analogies avec les rites initiatiques des trois premiers degrés de la Franc-Maçonnerie. Que ceux qui ont des oreilles entendent !

La table carrée permet d’accéder à une connaissance réelle de la matière.

 

 

 


Une porte étroite

Après avoir effectué un second voyage dans la table carrée, dont le dallage primitif à Chartres a disparu, le pèlerin parvient à la croisée des transcepts, dans la zone d’influence ou plutôt de confluence des trois rosaces, point central où s’effectue la rencontre des cœurs, transmutation alchimique de l’être qui l’amène à un point de dématérialisation susceptible de le faire accéder à la table mystique ou table rectangulaire.

Il est à noter, nous dit Louis Charpentier, qu’aux temps où existait encore le jubé, la lumière des verrières hautes du chœur ne parvenait point jusqu’à la croisée des transcepts, car, symboliquement, la table mystique est fermée et ne s’ouvre que par une porte étroite, point de passage d’un monde à l’autre, où l’influence du vaisseau céleste prend tout son sens.

Notre Dame de Chartres est un vaisseau céleste, qui par l’influence conjuguée des vitraux alchimiques et de ses trois tables est en réalité un instrument initiatique, un instrument conçu de telle sorte que la résonnance de la vibration primordiale en fait un instrument de musique céleste.

Parvenu au point de rencontre des trois rosaces, une oreille entrainée perçoit alors l’imperceptible. Au confluent des trois rosaces, au point de transformation alchimique de l’être, l’incroyable devient réalité : à Chartres, on entend la musique des sphères !

 

Ecoutons le texte d’un poète moderne, Raphaël Zacharie de Izarra, qui relate la transformation induite par l’accès direct à la voie du cœur, l’accès direct à l’Amour divin, précisément en ce point de confluence du centre des trois rosaces de Chartres à savoir la rosace occidentale et les rosaces du midi et du septentrion.

“A genoux à vos pieds, je lève les yeux vers votre visage qui se baisse sur moi. A l’arrière plan resplendit, éblouissante et majestueuse, la rosace de la cathédrale. Je suis saisi devant la beauté solennelle de ce tableau impromptu formé par votre visage et la mosaïque de verres multicolores… Vos traits se croisent avec la lumière dans une perspective inattendue qui donne une féerie particulière à votre regard, à votre face dont les contours bien découpés se détachent sur le fond de clarté enluminée. 

Puis peu à peu votre visage se morcelle, se disperse de manière surnaturelle avant de s’évanouir… Nullement effrayé par le prodige, mon émotion n’est est pas moins profonde, et front contre terre je verse les larmes pures d’une joie onirique, mystique. Une fois mon émoi versé, toujours agenouillé, je relève la tête et constate que vous avez mystérieusement disparu. Mais aussitôt je reconnais vos traits transposés dans les éclats de lumière de la rosace, radieux, glorieux, pleins de magnificence.

Et je demeure là, confondu, émerveillé, seul dans l’immense cathédrale face à votre regard incrusté dans le vitrail de la rosace, œil unique dans lequel je vous vois tout entière et qui semble scruter pour l’éternité mon âme éperdue d’amour”.


Une nouvelle naissance

Une fois réalisée la transmutation intime de l’âme, celle-ci se retrouve en état d’être reçue après une nouvelle naissance, à la table mystique du sacrifice divin.

A Chartres, la pierre révèle à l’Homme son essence divine. Est- ce ainsi qu’il faut entendre le sens de la table mystique ou table de la révélation ?

Y a-t-il un rapport intime entre la table mystique et les tables de la Loi ?

L’arche sacrée

On ne peut parler de la cathédrale de Chartres sans évoquer l’Arche d’Alliance. Ainsi qu’est ce donc que l’Arche d’Alliance ? C’est un petit coffre de bois recouvert de deux plaques d’or sur les faces internes et externes, une sorte de condensateur électrique. « Dieu était bon électricien nous dit, Louis Charpentier – et Moïse également qui joint à ce condensateur quatre antennes métalliques, sous forme de chérubins, pour recueillir l’électricité statique » ; C’est un coffre donc, qui assure sa propre sécurité en foudroyant qui ne doit pas le toucher… tout simplement ! On retrouve ici des éléments de la légende du roi Arthur et de sa célèbre Excalibur. Ce qui importe avant tout, nous dit le texte, c’est le contenu de l’Arche, les Tables de la Loi dont le texte biblique nous dit qu’elles ont été confiées à Moïse par Dieu ; Table du Logos, Lois de la mesure, du rapport, du Nombre… Tables de l’équation de l’Univers. Quels autres éléments… comme si tout ceci ne suffisait pas… ? La dédicace, peut-être ?

Moïse qui vient d’Egypte fut instruit dans toute la Science des Pharaons, nous dit la Bible. Le savoir, doit être mis en action cependant et pour cela il ne faut pas que des ouvriers, mais des oeuvriers. Il faut disposer d’un dénominateur commun entre le monde et l’homme. Et ce dénominateur est peut-être là, à portée de notre main… ou du moins à portée de la main autorisée à le toucher… Que ceux qui ont des oreilles entendent !

Cependant le texte biblique fait dire à Salomon « l’Eternel a déclaré qu’il habiterait dans l’obscurité. J’ai achevé de bâtir une maison qui sera Ta résidence, ô Dieu, une demeure où Tu habiteras éternellement ». L’arche devait donc, selon le texte être enterrée.

Or l’Arche qui était conservée dans le Saint des Saints du temple de Jérusalem et dont on a perdu la trace avec la disparition du temple de Salomon, devait être enterrée. Etait-elle encore dans les souterrains du Temple au temps des croisades ? Moïse n’avait-il pas dit à Aaron « Prends une urne et place cette urne devant l’Eternel afin qu’elle soit conservée de génération en génération » ?

Des chevaliers mystérieux…

 

En l’an 1118, neuf chevaliers ; venus de France et craignant Dieu, se présentèrent au Roi Baudouin II de Jérusalem, avec pour mission officielle, de garder les routes publiques et protéger les pèlerins. Or dans les faits il n’en est rien puisque cette tâche est dévolue à l’ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Le roi donne aux neuf chevaliers pour se loger une maison qu’il possédait à l’emplacement de l’Ancien temple de Jérusalem… tout simplement !

Ils y demeurent seuls, bouclant tous les accès, jusqu’en 1128. Dix longues années. Le nom qui leur fut donné fut Chevaliers du Temple ou templiers… étonnante prémonition. Ils ont pour chef Hugues de Payns, qui deviendra à sa constitution le premier Grand Maître de l’Ordre des Templiers et dans leurs rangs André de Montbard, oncle de Saint Bernard, ou Bernard de Clairvaux. Ces chevaliers cependant ne sont ni croisés ni pèlerins et ne participent à aucune action guerrière. Ils ont fait vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Leur mission apparente cependant en masque vraisemblablement une autre, une activité conservée secrète et pour laquelle ils demeurent seuls à l’emplacement de l’ancien Temple de Salomon. Ici encore Louis Charpentier avance : « Il n’est qu’une seule explication possible : les neuf chevaliers sont venus là pour découvrir, garder, emporter quelque chose de particulièrement important puisqu’il fallait des chevaliers d’armes, de particulièrement sacré puisqu’il fallait des hommes qui fussent au-dessus des passions humaines ; de particulièrement précieux et dangereux puisqu’il fallait garder un secret absolu. Quel objet pouvait être aussi important, aussi sacré, aussi précieux, aussi dangereux ? Sinon l’Arche d’Alliance et les Tables de la Loi ».

Des indices gravés sur la pierre

C’est comme un jeu de piste… Les anciens avaient le sens du secret et de l’histoire cachée. Est ainsi représentée sur le portail nord de la cathédrale, dit portail des initiés, la scène du transport de l’Arche et de son contenu, Les Tables de la Loi, clairement visible, avec cette inscription énigmatique :

« Hic amititur archa cederis »,

soit archa pour arca et cederis pour federis :
Ici est perdue l’Arche d’Alliance

Ou encore :

ARCA HIC AMITITUR : L’Arche (d’Alliance) fut amenée ici ;
* ARCA CEDERIS : Par l’Arche, tu œuvreras

 

En 1128 Hugues de Payns rentre en France date à partir de laquelle commence la Floraison du gothique en France qui apparait d’un seul coup, complet, total, dans tout l’occident. Or les neuf chevaliers étaient envoyés par Bernard le Cistercien et le gothique est issu de Citeaux. Etrange coïncidence temporelle que cette soudaine apparition d’un art sacré fait à la fois pour masquer et élever…

Arche ou pyramide ?

Penchons nous sur les fantasmagories fictives d’un auteur à succès, Dan Brown, juste pour le plaisir d’effectuer un petit voyage symbolique aux accents de modernité. La pyramide du Symbole perdu fait étrangement penser à ce que nous dit Louis Charpentier à propos de l’arche d’alliance : un  coffre électrique dont se dégagerait l’harmonie sacrée des Nombres à condition qu’il ne soit touché que par l’Etre ou l’Adepte destiné à l’approcher. Un coffre de bois qui générerait l’harmonie sur terre entre les hommes à l’aube d’une nouvelle ère…


N’éveillez, oh ! n’éveillez la Bien-Aimée
qu’à l’heure choisie par Elle
dit le Cantique des Cantiques

 

Faisons une analogie symbolique pour le plaisir du voyage. De la pyramide de Dan Brown au coffre de Jérusalem ; Et… ouvrons grand nos oreilles pour laisser parler les nombres… Laissons les parler car ils nous disent que Chartres Kheops sont liées et on trouve des similitudes frappantes entre les deux monuments, qui, selon toute apparence semblent n’avoir que peu de points communs.

De Kheops à Chartres en passant par le temple Jérusalem on distingue ainsi un lien intime qui est celui de l’harmonie de la terre et du ciel sous protection divine et il semble que lorsqu’une dynastie disparait une autre lui succède, sur un plan transculturel ; Ainsi de Pharaon à Moïse en terminant par Yeshoua on a une lignée symbolique de souverains et prophètes, dont le nom divin manifeste la nécessaire harmonie devant être conservée, quel qu’en soit le prix, pour la sauvegarde de l’humanité, de millénaire en millénaire, de civilisation en civilisation. Trois souverains et prophètes, gardiens de la Tradition séculaire. L’harmonie manifestée par le Nom Divin… la prière des initiés rosicruciens ne dit-elle pas : « Ma force est en ton Nom Seigneur, qui a fait le Ciel et la Terre »…  Là serait donc l’essence du mystère, non dans la manifestation divine, mais bel et bien dans la force créatrice du Nom.

Des cathédrales empilées les unes sur les autres

Chartres ce n’est  pas La cathédrale, mais une série d’édifices sacrés, empilés les uns sur les autres, comme un jeu de lego. Non pas un entassement, mais une réunion d’énergies subtiles dont émerge une source sacrée.

Allons plus loin… avant la cathédrale gothique il y avait à Chartres, une cathédrale romane de 78 mètres de long, datant de l’an 1020 dont les vestiges sont dans la crypte de Chartres, une crypte dont la puissance symbolique a accompagné  deux siècles de ferveur chrétienne, auprès de la vierge Noire de Notre dame de sous terre.

Ecoutons ce que nous en dit Louis Charpentier :

« C’était une très vieille statue, taillée dans un tronc de poirier évidé et qui représentait, assise et tenant sur ses genoux l’Enfant Dieu, la Vierge Sainte. L’âge l’avait noircie, car elle était très vieille ; si vieille qu’elle avait été sculptée, non par des chrétiens, mais avant que fût né le Sauveur, par les Druides qui étaient les prêtres des païens, et auxquels un ange prophétique avait annoncé que d’une Vierge naîtrait un Dieu ; et ainsi l’avaient-ils représentée, en son futur, avec une grande dévotion et ils avaient écrit sur le socle, en belles lettres latines, les mots : Virgini pariturae ; ce qui voulait dire : La Vierge qui doit enfanter…

” Ce que les pèlerins ne savaient peut-être pas, c’est qu’ils n’avaient fait, eux-mêmes, que reprendre le chemin que des générations et des générations avaient, avant eux, parcouru ; car le pèlerinage de Chartres était bien antérieur aux chrétiens, probablement même bien antérieur aux Celtes. Avant eux, des générations et des générations étaient venues se recueillir dans la grotte où régnait une Vierge Mère, qui était sans doute une Vierge Noire et qui avait peut-être eu nom: Isis, ou Déméter, ou Bélisama »

La cathédrale romane a elle-même été construite sur les ruines d’une cathédrale mérovingienne ou crypte de Saint Lubin, elle même vraisemblablement construite sur des vestiges aujourd’hui inaccessibles d’une cathédrale encore plus ancienne et dont l’enceinte a été mise à jour par sondages radar en 1999, cathédrale inexplorée et partiellement accessible aux instruments de mesure par une porte basse, creusée dans la pierre.

Union trinitaire du lieu sur la base de trois cathédrales superposées, pour aboutir enfin à l’édification de la cathédrale gothique, manifestation de l’harmonie universelle. Simple hasard que cette nouvelle rencontre avec le nombre trois ? Que dire aussi du puits des saints forts, source sacrée qui anime de son onde fluidique les différentes strates géologiques des trois cathédrales à trente trois mètres sous terre ? Simple question de hasard encore une fois ?

“Le sous-sol de Chartres – nous dit Louis Charpentier –  est, en tous sens, parcouru de souterrains très anciens, dont la plupart sont, actuellement, transformés en fosses septiques.

Ainsi, lors de l’établissement de récentes fondations sous un immeuble moderne installé face à la “Maison du Saumon”, il aurait été trouvé, selon une rumeur publique non contrôlée, douze étages de caves. Même en faisant la part de l’exagération habituelle, il est certain que des cavités importantes existent en cet endroit qui se trouve sur le tertre, près de la cathédrale. Il ne serait donc nullement étonnant qu’il en fût de même sous celle-ci.

Ce “tabou” serait-il destiné à barrer l’accès d’une cachette où se trouverait enfoui quelque objet particulièrement précieux ? On pense immédiatement à cette Arche d’Alliance qui reposa déjà dans les souterrains du Temple de Salomon… ”

Si on en croit un certain grand auteur à succès de notre siècle, l’arche serait-elle destinée tout comme la pyramide du symbole perdu à être mise à jour au 21ème siècle et à opérer une transmutation énergétique et spirituelle de l’humanité en cette période charnière de son destin ?  Trois tables portèrent le Graal… et leur nombre est 21 !

 

Ainsi de Notre Dame de sous terre, à Notre Dame du Pilier bientôt rejointe par Notre Dame de la belle verrière, vitrail alchimique s’il en est, on dispose à Chartres d’une trinité placée sous le sceau de la mère divine.. Encore le nombre trois.

Un jeu de piste…

De lien en lien, d’analogie en questionnement, le parcours initiatique se précise, comme un jeu de piste. Car le sens de la symbolique est inscrit dans le mouvement, des hommes et des astres et il ne s’agit pas de le figer, comme on peut tenter de figer la connaissance dans un musée ; car la connaissance n’est pas un foetus dans un bocal, sur une étagère poussiéreuse d’un musée de province… La Connaissance est par essence mobile et fondée sur le questionnement, qui est celui de la vie et de la transformation intime de l’homme, qui avec le parcours initiatique devient transmutation,.. du profane en sacré, de la matière en or, de l’or du temps en or des bâtisseurs.

Laisson parler le poète, Raphaël Zacharie de Izarra, un écrivain qui vit en profondeur la transmutation opérée par l’amour… fondée sur une approche intuitive des trésors de la cathédrale, dont il sait nous faire partager le secret… du profane au sacré…

 La voix des flèches

Ses pointes au cœur de la Beauce désignaient un ciel sombre. J’étais dans l’ombre, ne voyant que la nue chargée, les champs mornes, les étendues monotones. La cathédrale de Chartres, silhouette sinistre dans le lointain, affligeait mon âme pragmatique.

Les rigueurs de l’âpre saison ne m’inspiraient que tristesse. Autour de moi, l’espace : rien qu’un vide immense, un silence sans échos, des agitations dénuées de sens… L’absurde comédie des éléments où les nuages ne sont que fumée, les astres des points sans nom, l’horizon un chantier agricole arrosé par l’onde hivernale.

Et les œuvres des hommes, des pierres vouées à la poussière.

Pourtant, front baissé, j’avançais vers les inutiles flèches. Qu’allais-je y chercher, moi l’impie ? La plaine peut-être avait la réponse : au fil de mes pas le vent ressemblait de plus en plus à un chant.

Confusément la clarté se fit en moi à mesure que j’approchais des géantes séculaires.

Le MYSTERE m’attirait vers la double flamme de pierre. Et plus les aiguilles gothiques grandissaient, plus ma conscience s’éveillait.

Enfin je fus au pied de l’édifice. Je pénétrai dans l’antre vaste et serein.

Dans ce lieu dense un feu couvait sous les ogives : le silence reflétait les profondeurs sidérales, les vitraux la musique des particules de la matière. Spirales galactiques et valse des molécules étaient immortalisées dans le minéral, interprétant l’impénétrable symphonie universelle.

Le bleu était poésie, le rouge était mélodie, le cercle était onde. Dans les vitraux, des papillons. Sous mes pieds, des constellations. Au-dessus de ma tête, l’incommensurable. 

Le roc était vivant… J’ETAIS vivant ! L’alchimie des signes et de la matière avait opéré sur mon être un miracle sans bruit. L’harmonie cosmique suggérée par l’architecture et les verrières avait ébranlé mes certitudes de matérialiste.

La pénombre de la cathédrale m’éclairait intérieurement : j’avais saisi la subtilité de l’invisible.

La magie des voûtes me retint longtemps dans ma méditation. Et tandis que je scrutais l’immensité cachée de ce qui m’entourait, le vaisseau immobile voguait vers l’éternité.

Depuis le fond de la plaine j’avais répondu à ses muets appels avant qu’il ne m’emporte à destination de l’infini dans un fracas qui n’est audible qu’à des oreilles initiées.

Et l’infini avait le visage de la lumière”.


Pistis Sophia

La Pistis Sophia, ou la « connaissance et Sagesse » est un texte gnostique essentiel dans lequel Jésus après sa résurrection s’entretient avec ses disciples, notamment avec des femmes. Les sujets traités : la cosmogonie, la théorie des émanations, la nature et la hiérarchie des esprits, l’origine du mal, la puissance spirituelle, la réincarnation… Jésus libère la figure surnaturelle et féminine de Sophia, la Sagesse céleste, de ses liens avec l’erreur et le monde matériel ; elle est progressivement réintégrée au ciel dans son statut divin d’antan. On comprend que nous sommes loin de la doctrine de l’église.  
Une édition en anglais (nous n’avons pas trouvé de traduction française)

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