France 2 découvre la Franc-Maçonnerie féminine ! Un étonnement bien étonnant… Mais un résumé intéressant. La franc-maçonnerie et les femmes

Vous pouvez en découvrir beaucoup plus (pour 2,50 €) avec un e-book des Editions du Désir :
Les femmes et la Franc-Maçonnerie

Et voici un extrait d’une Franc-Maçonne écrivain, qui nous a quittés il y a peu :

Femme de lumière de Claude Darche

Je rêve : une plaine aride, brûlée de soleil, une plaine à vents violents, dédiée aux bourrasques. Une plaine couverte d’oliviers aux troncs noueux et fiers, une plaine de vie où je pourrai voler. Une plaine sans fin, entre terre et ciel, une plaine semblable à l’immensité de l’espace sacré qu’est mon cœur. Je suis nue sous le soleil… l’oiseau de lumière veille, immobile, sur la grande pierre noire qui marque l’entrée de mon sanctuaire. Il me donne ce repos, il me protège des attaques extérieures, il me livre au vent et au soleil… Je le reconnais comme la part supérieure et divine de mon être. Doucement je murmure « Je t’aime, je t’aime à l’infini, je t’aime pour aujourd’hui, pour demain, je t’aime, je me donne à toi ». C’est comme une délivrance dans mon corps, un grand cri poussé par mon âme, une solitude rejetée et vaincue. L’oiseau de lumière vole au-dessus de moi, il se pose sur la pierre noire.

– Retourne à la caverne, retourne à cette grotte primordiale où le noir contient la lumière, où le silence est rempli de mots. Pour renaître, il est nécessaire de mourir ! Pour trouver l’harmonie, il est nécessaire de vivre le chaos !

Un bandeau sur les yeux, guidée par la main de je ne sais quel archonte souterrain, je descends dans des abîmes solitaires et glacés, seule dans un dédale de pièces, de couloirs sans fin, de murs noirs. J’avance à tâtons, décidée coûte que coûte à poursuivre l’aventure. Attendre, se laisser couler dans le silence, accepter l’épreuve.

Bientôt une faible lueur se profile au bout du couloir, et je me dirige presque en aveugle vers ce que je distingue comme la flamme d’une bougie. C’est en effet une bougie posée sur une table de bois. Aucun meuble, aucun objet, aucune vie apparente. J’attends. Je réfléchis, je médite. L’angoisse me prend par moments, s’apaise, enfle à nouveau. J’ai froid, j’ai soif, j’ai peur ! Je me recroqueville de plus en plus en apercevant un crâne posé dans l’angle droit de la pièce, alors que sur la gauche un sablier lui fait pendant ! Fuite du temps, fuite de la vie, qui nous conduisent inexorablement à la mort ! Qu’ai-je fait à perdre ainsi mon temps, qu’ai-je fait à ne pas réaliser ce à quoi je croyais plus que tout ? Qu’ai-je fait à ne pas vouloir écrire ?

Quel est ton plus profond désir ?

La voix de Maopi me fait sursauter, je la cherche des yeux mais je ne la vois pas et c’est d’une voix faible que je réponds :

Trouver le but de ma vie !

Le chemin de la Connaissance est étroit, il ne permet ni les détours ni la vanité des apparences. Pénètre dans le monde intérieur où demeurent les Mystères du Verbe : La Vérité est là depuis toujours, tandis que ton âme n’est incarnée que pour un temps, minuscule goutte d’eau dans le fleuve de l’Éternité : tu es venue pour prendre conscience de tout cela. Alors, baisse la tête et courbe-toi, car cette porte est extrêmement basse !

Deux mains solides me maintiennent. Elles me courbent, me poussent en avant. Vers où ? Goulot d’étranglement. Pliée sur moi-même, je ne respire plus. Sortir, en sortir ! Mais je bouge, j’avance. Je ne sais plus si c’est moi, ou ces mains… Et tout à coup : le calme. Sensation magnifique de lumière, une plaine baignée de soleil…

Alors je touche. De la terre. Un sable, qui glisse entre mes doigts. Une terre balayée par le vent, si fluide, si vivante pourtant, si mobile, si femme. Je joue avec sa texture, je sens son âpreté, son odeur qu’exhale la chaleur du midi. Je sens la brûlure, le feu sous mes paupières, le rouge inonde mon ventre. Le rouge glisse le long de mes cuisses, remonte jusqu’à ma gorge. Fusion du corps et de la matière. Maintenant mon corps s’ouvre et recouvre la terre : je suis femme ou déesse ? J’ai mis au monde… Oui, j’ai mis au monde toute chose ici bas et tous les hommes sont mes enfants. Je les regarde et je les aime. Je les sais miens. Issus de mon ventre, de mes reins. Ma vocation, donner. Toujours, partout. Transmettre. Je suis initiatrice !

Des éclairs roulent sous mes paupières, des éclairs roulent sur mes jours, le soleil me consume toute entière et je deviens la Terre. Une femme en noir apparait brusquement dans mon champ de vision

– Rassemble autour de toi les humains, tes enfants, rassemble autour de toi le monde. Sois belle et grande devant l’homme. C’est toi qui dois lui montrer la route, toutes les routes et non l’inverse. C’est par toi que l’homme changera. Parce que tu seras Femme, il pourra devenir Homme. Retiens bien mes paroles : aujourd’hui la femme se vend et ne sait plus se donner. La femme se brade et se dégrade, la femme a peur. Elle, la Mère de tous les Vivants ! Redeviens forte et invulnérable, redeviens celle qui sait.

De terribles éclairs lacèrent mon corps, le déchirent de part en part. Je le sens devenir lisse, souple, calme, offert et généreux, je le sens devenir libre.

Mon corps roule sous le soleil, joue, réapprend à vivre, à sentir, à crier, à respirer Je ne peux pas ouvrir les yeux, mais je sais qu’en face de l’oiseau de lumière, Maopi est assise sous un grand parapluie noir.

– Nue, tu es belle ; nue, tu redeviens toi-même. Redécouvre ton énergie et permets-lui de se déployer, elle est pour le moment totalement recentrée dans ton ventre, c’est une bonne chose, c’est là qu’elle doit être, elle doit pouvoir diffuser dans tout ton être et autour de ton être. La Femme est celle qui diffuse tout autour d’elle de l’amour, de la chaleur, de la Joie. N’oublie jamais cela, la Joie ! Toi qui es faite pour la couleur, tu t’habillais toujours de noir. Oublie le noir, vis dans les couleurs, elles sont les matérialisations de tes rêves, les tonalités de ton Esprit, elles sont le chant que tu donneras à l’Homme.

Écoute ce que je te dis : ne te presse jamais avec un homme, laisse le venir à toi, laisse le s’approcher ; l’homme est un chasseur et toi, tu es le gibier, un gibier différent des autres. Au début, ce qu’il veut, c’est t’avoir, te posséder, te prendre et il aime ce jeu. L’homme aime la poursuite, il aime le vent, la mer, les éléments, tout ce qui lui échappe. L’homme aime le risque, il aime avoir peur : ainsi il a l’impression que sa vie a un sens !

La chasse de la femme est d’une autre nature : la femme veut capturer l’homme pour qu’il la rende féconde, elle cherche un père pour ses enfants à venir, un complément à sa nature.

Elle la lune, Lui le soleil. Elle la coupe, Lui le bâton. Ainsi sont exprimés symboliquement les plus vieux mythes cosmogoniques.

Elle inspire, Lui réalise.

Tous deux sont différents mais complémentaires.

Observe les lois de la Nature, tu comprendras qu’elles sont identiques pour les humains : as-tu déjà vu la lune et le soleil ensemble ? Question idiote, n’est-ce pas ? Chacun se montre et chemine à son heure et en son temps, chacun a sa propre fonction, mais tous les deux sont nécessaires. La femme, vois-tu, est comme une racine, celle qui permet à l’homme de prendre souche, de passer de l’abstraction à la concrétisation, celle qui le tire vers la lumière, vers le soleil pour lequel il est fait.

Autrefois, nous disions que les rayons de la lune pénétraient dans le vagin des femmes pour les féconder, non pour œuvre de génération, mais pour œuvre spirituelle ! Les femmes s’imprégnaient ainsi des pouvoirs de l’astre cosmique qui leur correspondait, elles absorbaient sa magie et devenaient une avec leur nature profonde. La femme sait, sent d’instinct. Ce qui parait aux yeux des hommes irrationnel, illogique, n’est pour elle que l’ordonnancement mystérieux de l’univers ! Peu à peu, la femme prit toutes les caractéristiques de son double astral, elle devint celle qui gère et ordonne le temps, celle qui donne, dispense, nourrit, tout en étant celle qui tue, castre, châtie, mutile et juge.

Ainsi naquirent les Mères, magnifiques et cruelles, que les hommes clouent encore aujourd’hui au pilori de leurs souffrances et de leurs fantasmes. Les femmes de ton siècle ne sont pas encore sorties de ce clivage où l’homme les veut tour à tour mères et prostituées, vierges et soldates, nourricières et dévoreuses, séductrices et castratrices. Il est temps que la femme écoute sa propre voix et parte à la recherche de cette Ancêtre qui est en elle, de son âme éternelle, vieille de quelques millions d’années. Si la femme représente la matière, elle est aussi la grande force vivifiante, celle qui comme la lune permet le renouvellement.

Écoute les paroles sacrées que te livre l’Oiseau :

La loi universelle de mouvement, de vie, de mort et de régénération qu’exprime la Lune trouve un écho naturel dans l’âme humaine. Les couches profondes de l’Esprit se lèvent comme des vagues dont le bruit familier rappelle à l’homme des souvenirs lointains mais ineffacés. Aujourd’hui comme par le passé, il regarde la lune, et sans même en avoir conscience, il retrouve son âme ancestrale, celle qui le rattache au Principe Féminin.

Les femmes seront toujours des Mères et les hommes des Fils, telle est la leçon de la lune, telle est la complexité de ce pays merveilleux où se promènent encore l’esprit de l’homme et de la femme