Après comment devenir franc-maçon une autre grande question s’impose, celle de la quête, ou pourquoi devenir franc-maçon.

Un livre très intéressant, très clair, développe ce questionnement, dans cet esprit.

Cette question précède en réalité toute volonté. Pour les affairistes – heureusement rares – c’est le « comment » qui prime. Pour les autres, tous les autres, les gens sincères, la très grande majorité, c’est le pourquoi qui s’impose en premier.

Voici quelques raisons possibles au désir de devenir franc-maçon :

Travailler sur moi ? (voir l’article : Comment travailler sur soi ? sur ce blog)

Travailler à l’amélioration sociale et spirituelle de l’humanité ? Tout un programme… c’est aussi tout un parcours de vie, de certains cherchants, qui balaient devant leur porte, à la façon dont Zadig cultivait son jardin… Parcours de chercheurs aussi, impliqués dans une voie qui est celle de la réflexion sur les sciences humaines et comportements humains.

Prendre conscience des grandes questions philosophiques qui préoccupent l’humanité ? Y réfléchir collectivement, approfondir ces sujets… apporter sa pierre à l’édifice commun. Pour devenir franc-maçon il faut un élan de générosité, vouloir participer, faire quelque chose à son échelle, pour améliorer le monde dans lequel nous vivons.

Rejoindre une école des mystères, devenir initié ? Tout un programme aussi… rejoindre la franc-maçonnerie, en effet, ce n’est pas rejoindre un club de réflexion. C’est accepter que ces réflexions se fassent de façon rituelle, dans un espace sacré, après avoir subi des épreuves initiatiques. Etre initié, s’est savoir se remettre en question, s’autoriser, les yeux bandés,  à renaître à la lumière.

Comment puis-je travailler pour les autres si je n’ai pas d’abord travaillé sur moi-même, si je n’ai pas d’abord taillé ma propre pierre ?  

Une chose apparait comme une évidence à celui qui souhaite entrer en franc-maçonnerie : il faut d’abord travailler sur soi, d’abord tailler sa propre pierre avant de construire le temple de l’humanité. Il faut aussi un parcours préalable qui fait qu’on se sent prêt à rejoindre une loge. Etre parvenu à un certain niveau d’équilibre intérieur, de réflexion qui fait qu’on se pose d’autres questions. Celui qui pense avoir tout trouvé n’a pas sa place dans le temple. Les Franc-Maçons sont des cherchants, pas des trouvants. Lorsqu’on trouve une vérité, c’est toujours une vérité transitoire, une étape sur le chemin qui fait qu’on continuera à évoluer en se posant d’autres questions, en précisant toujours plus sa quête. Celui qui pense avoir trouvé sombre vite dans le dogme et passe sa vie à justifier ce qu’il a établi intérieurement comme étant une vérité immuable. Une vérité n’est jamais immuable, elle est un jalon sur le chemin.

Etre déjà dans un chemin d’équilibre et d’harmonie

Le postulant à l’entrée dans une loge maçonnique doit être conscient d’une chose primordiale pour pouvoir rejoindre la fraternité maçonnique : pour frapper à la porte du temple il faut déjà s’être construit. Pas de façon aboutie, bien sûr, sinon que viendrait-on faire en franc-maçonnerie ? Mais il faut être parvenu à un niveau d’équilibre suffisant pour que le travail nous soit profitable d’une part ; et d’autre part il est important que tous les apprentis d’une loge soient tendus vers une même quête, car les énergies subtiles sont tellement actives en loge, que celui qui est en cahos intérieur finit par déteindre sur le groupe. D’abord de façon un peu épidermique, créant autour de lui des questionnements, des impatiences… puis franchement, car son instabilité finit par créer de la discorde. C’est pourquoi les franc-maçons se montrent souvent très prudents avant d’intégrer quelqu’un d’extérieur à leur égrégore. L’égrégore est là pour grandir en force et en beauté et faire grandir avec lui les êtres qui s’y nourrissent et puisent à sa source leur force commune, dans une même fraternité. Et celui qui ne s’y intègre pas tire l’égrégore par le bas, mettant en danger la cohésion de la loge.

De façon un peu abrupte on peut dire que l’initiation ne peut remplacer une thérapie. Bien au contraire celui a besoin de travailler sur son propre équilibre et résoudre des problèmes psychologiques doit à tout prix éviter l’initiation avant d’être parvenu à un certain point d’équilibre. En effet l’initiation chamboule tout. Et cette destruction sert à une reconstruction harmonieuse grâce au travail maçonnique et au sein de la fraternité. Mais si le socle interne n’est pas suffisamment stable, l’édifice entier peut s’écrouler et ne laisser qu’un champ de ruines, générateur d’inutiles et destructrices souffrances. C’est pourquoi on dit souvent qu’il est nécessaire d’être parvenu à un certain point de stabilité et de questionnement avant de devenir franc-maçon.

S’aider soi-même et aider les autres…

Donc s’aider soi-même avant d’aider les autres. Mais ce qui est merveilleux en franc-maçonnerie, c’est qu’on fait les deux en même temps. D’abord parce que l’apprenti doit se taire pendant toute sa période d’apprentissage. Et ce faisant, il apprend à écouter. Il construit le monde avec les autres par l’écoute, tout en construisant son propre monde intérieur par son travail. Et pour lui, comme pour les autres, le dessein commun prend corps au travers de la chaîne d’union.

Mutualiser les énergies au travers de la chaîne d’union

La chaîne d’union, c’est une chose simple et extraordinaire à la fois. Simple en effet : imaginez une vingtaine de personnes, parfois plus, parfois moins, se tenir la main comme dans une grande ronde. Ces gens là, qui se taisent pendant que joue une musique douce, viennent de parler de façon profonde mais dépassionnée pendant plus d’une heure, des grands sujets qui éveillent notre humanité : la philosophie, la spiritualité, l’amélioration du monde… Le ton n’est pas monté mais les vibrations elles, sont montées, très haut – justement parce que personne n’était dans la colère et que tous s’écoutaient réellement les uns les autres. On se trouve donc à la fin d’une tenue dans un contexte de haute vibration et d’énergie très épurée. Et ces gens là, qui dans un geste simple se tiennent naturellement la main, font circuler cette énergie entre eux. Ils matérialisent au milieu de leur cercle, main dans la main, un projet commun qui prend corps, de façon presque palpable, dans les êtres et dans les âmes. Car l’égrégore a une âme et une vie propre : il mutualise le désir de perfectionnement et d’harmonie de chacun des maçons qui participent à la chaîne.

 En résumé

Dans le pourquoi devenir franc-maçon il y a plusieurs questions qui peuvent se résumer de la façon suivante :

  • Ce que je veux faire pour ma propre progression (posez-vous la question en pesant le pour et le contre papier crayon à la main)
  • Ce que je veux faire pour le progrès social et spirituel de l’humanité (de la même façon que l’étape précédente)
  • Je dois être conscient qu’il s’agit d’une initiation et désirer cette initiation
  • Je dois avoir acquis l’équilibre suffisant pour la solliciter
  • Je dois savoir que je ferai l’objet d’épreuves et d’un vote, et que c’est la loge qui décide de mon admission. Pour cela il y a des raisons que je commence à comprendre.
  • Je dois être conscient qu’il faudra assumer les conséquences de cette initiation mais que je serai aidé, par la fraternité et aussi par mon travail.
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