Le sacré est une manifestation de l’intemporel dans le temporel. Qu’est-ce qui peut être sacré ? un lieu, un objet, un espace. Le lieu sacré manifeste la transcendance de façon intrinsèque, permanente pour ainsi dire ; l’objet sacré quant à lui, renvoie vers une réalité plus subtile. Il l’incarne pour ainsi dire. Quant à l’espace sacré il est un espace sacralisé temporairement par la pratique d’un rituel.  Dans tous les cas, le lieu, l’espace ou l’objet permettent alors à l’homme qui y  est réceptif, de faire l’expérience du sacré  pour y manifester l’invisible et le lumineux et mettre l’homme en relation avec lui. On peut dire aussi que le sacré s’oppose au profane, c’est à dire ce qui n’a qu’un sens courant et intemporel dans la vie de tous les jours.

Les lieux sacrés sont le résultat d’une alchimie complexe : une configuration tellurique particulièrement favorable et la main de l’homme, celle des bâtisseurs. Ces lieux sont sacrés également de par leur sacralisation, c’est à dire les rites religieux ou non, mais toujours de haute vibration, qui les ont ancrés dans la terre et ceux qui y ont été pratiqués de siècle en siècle. Ils incarnent, de façon presque intemporelle, le Divin. Souvent à la rencontre de courants telluriques importants qui parcourent la Terre, et puits de lumière en provenance du ciel, les lieux sacrés sont des points de convergence durables et importants de l’histoire humaine et de sa rencontre avec le Divin.

Les objets sacrés le sont car ils sont l’image, ou la métaphore d’un principe qui les dépasse. Objets transitionnels vers un principe supérieur, ils deviennent objets de transcendance. Ils peuvent être sacralisés par leur histoire ou avoir été sacralisés par des rituels. A un niveau simple, ce peut être un objet qui évoque le sacré ; sacralisé par le sentiment qu’il inspire, par la personnalité subtile des êtres qui l’ont possédé et qui s’y retrouve pendant longtemps. Objets directement sacrés, les statues de divinités, en tant que symbole, permettent de toucher du doigt la réalité de l’incarnation, c’est-à-dire, la réalité spirituelle à laquelle elles renvoient. Lorsqu’une statue a été sacralisée par un rituel, elle permet une mise en relation d’autant plus puissante.

Une sacralisation commence par une intention, un désir de faire descendre le divin dans un lieu ou dans un objet. Ce désir est soutenu par un rituel, des mots et des gestes spécifiques. Ces mots et ces gestes spécifiques appellent des entités immatérielles qui, en illuminant cet objet ou ce lieu, y font pénétrer un peu de la substance divine. Il est important de réaliser que le principe Eternel, de trop haute vibration, ne se manifeste pour ainsi dire jamais directement sur terre. Tout simplement parce que, sauf fulgurance soudaine et inattendue, il ne le peut pas. Les vibrations de notre planète sont trop basses, trop matérielles pour le feu divin. Il lui faut des intermédiaires. Les hiérarchies angéliques, porteuses des forces convoquées par tout  rituel de haute vibration, sont les intermédiaires quasiment systématiques de toute opération de sacralisation ; que l’opérateur en soit conscient ou non.

Un lieu peut être sacré, un espace peut être sacralisé, c’est à dire qu’on y convoque un égrégore dans un lieu soit favorable sur le plan tellurique, soit énergétiquement neutre. Si ce lieu a été consacré et ancré dans la terre par un rituel spécifique, s’y attache alors une certaine pérennité. Il n’est pas sacré par lui-même mais il devient favorable à la définition ponctuelle d’espaces sacrés.

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